Le blanchiment du Pr Daouda Ndiaye : Une justice trop clémente ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 26/05/2026 08:05:00

Le blanchiment du Pr Daouda Ndiaye : Une justice trop clémente ?

L’annonce a fait l’effet d’une bombe : le Pr Daouda Ndiaye a été « complètement blanchi » par la Chambre de Discipline Financière dans l’affaire des fonds Covid-19, après près de cinq ans d’instruction.

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Suite de l’article : Si l’intéressé a exprimé sa gratitude envers la justice sénégalaise, cette décision soulève des questions légitimes sur l’équité et la rigueur des investigations. Je ne peux m’empêcher de douter : ce blanchiment est-il le fruit d’une instruction impartiale ou le signe d’une justice trop indulgente envers les élites ?

Le Fonds Covid-19, d’un montant de 1 000 milliards de francs CFA (1,5 milliard d’euros), était destiné à renforcer le système sanitaire, soutenir les ménages et les entreprises, et maintenir l’approvisionnement en produits essentiels.

Pourtant, dès 2022, la Cour des comptes sénégalaise a révélé des « fautes de gestion et des infractions pénales », avec des cas avérés de surfacturation (comme l’achat de riz à 2,7 milliards de FCFA, bien au-dessus de son prix réel) et des détournements présumés impliquant des ministres, des hauts fonctionnaires, et même des artistes. Des dizaines de personnes ont été interpellées, et cinq anciens ministres sont toujours sous le coup de poursuites. Dans ce contexte, le blanchiment du Pr Ndiaye, figure respectée, apparaît comme une exception troublante.

La Chambre de Discipline Financière a statué après une instruction de cinq ans, s’appuyant sur des audits et des pièces vérifiées. Pourtant, comment expliquer que des irrégularités massives, documentées par la Cour des comptes, n’aient pas entraîné de sanctions pour tous les responsables ? Le rapport de 2022 pointait des malversations systématiques, avec un préjudice estimé à 7 milliards de FCFA (10 millions d’euros). Si le Pr Ndiaye est innocent, pourquoi tant d’autres, moins influents, restent-ils poursuivis pour des faits similaires ?

Premièrement, l’inégalité de traitement saute aux yeux. Alors que des directeurs administratifs, des fournisseurs et des artistes sont traînés devant les tribunaux pour des montants bien moindres, le Pr Ndiaye, lui, s’en sort sans tache. Deuxièmement, la lenteur judiciaire joue en faveur des puissants : cinq ans d’instruction, c’est un luxe que les petits justiciables ne peuvent se permettre. Enfin, l’opacité des critères de blanchiment interpellera : sur quelles preuves la Chambre s’est-elle appuyée pour écarter toute responsabilité ? Les Sénégalais méritent des réponses claires.

Au Cameroun, en Guinée ou en Afrique du Sud, des responsables ont été condamnés pour des faits comparables de détournement de fonds Covid-19. Au Togo, un rapport d’audit a provoqué une consternation générale, poussant les autorités à agir. Au Sénégal, en revanche, seuls les « petits » paient, tandis que les figures influentes bénéficient de décisions controversées. N’est-ce pas là le signe d’un système qui protège les siens ?

Je ne remets pas en cause la présomption d’innocence. Mais je m’interroge sur l’équité d’une justice qui, après avoir révélé des irrégularités graves, blanchit l’un des principaux acteurs sans expliquer pourquoi les autres restent accusés. Dire « je savais bien qu’il allait finir par le blanchir » n’est pas une posture de suspicion systématique : c’est constater que, trop souvent, les puissants s’en sortent. La justice sénégalaise a le devoir de rétablir la confiance en prouvant que ses décisions sont fondées sur des faits, et non sur des privilèges. En l’état, ce blanchiment sonne comme un aveu d’impuissance.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 26/05/202
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