Mon pays saigne en silence : La violence devient la norme - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Eva | Publié le 27/05/2026 11:05:30

Mon pays saigne en silence : La violence devient la norme

Je lisais ce matin le récit glaçant de la mort de Moustapha Samb, ce gérant de quincaillerie de Keur Mbaye Fall, retrouvé ligoté et exécuté dans sa propre chambre.

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Suite de l’article : Un crime d’une brutalité inouïe, commis en plein jour, comme si la vie d’un homme ne valait plus rien. Et je me suis dit : notre pays est en train de basculer. Non pas dans une guerre déclarée, non, mais dans une guerre sournoise, invisible, où chaque citoyen peut devenir une cible.

Le Sénégal que je connais, ce pays de Teranga et de paix sociale, semble s’éloigner à grands pas. Les chiffres sont accablants : plus de 36 000 infractions recensées en 2025 par la Police nationale, avec Dakar en tête, concentrant à elle seule près de 3 000 cas de criminalité. Pire, les violences graves – meutres, viols, agressions – explosent, comme en témoignent les 844 crimes enregistrés par la Gendarmerie en 2024, ou encore les 431 cas de viols signalés la même année. Des chiffres froids, mais qui cachent des drames humains, des familles brisées, une société qui se fracture.

Comment en est-on arrivés là ? La réponse est aussi simple qu’effrayante : l’impunité. Les enquêteurs de Keur Mbaye Fall avouent ne pas avoir la moindre piste sérieuse, et aucune interpellation n’a été signalée. Combien de fois avons-nous entendu parler de crimes restés sans suite ? Combien de fois avons-nous vu des coupables s’en tirer, faute de preuves ou de volonté politique ? Cette impunité, c’est le terreau sur lequel prospère la violence. Quand les citoyens n’ont plus confiance en la justice, ils se font justice eux-mêmes. Et le cycle de la barbarie s’installe.

Regardez autour de nous : au Nigeria, les enlèvements contre rançon sont devenus monnayables ; en Afrique du Sud, les gangs règnent en maîtres dans certains townships. Le Sénégal n’est pas (encore) à ce stade, mais les signes sont là. La criminalité organisée s’étend, les trafics prolifèrent, et les zones urbaines, comme Dakar ou Thiès, deviennent des foyers de tension permanente. Nous sommes en train de normaliser l’inacceptable.

Je ne veux pas d’un pays où l’on doit avoir peur de rentrer chez soi le soir. Je ne veux pas d’un pays où un commerçant peut être enlevé en plein jour, torturé, puis assassiné dans l’indifférence générale. Il est temps d’agir. Renforcer les moyens des forces de l’ordre, oui, mais surtout : briser le mur du silence. Car cette guerre invisible, nous pouvons la gagner. À condition de refuser de la subir.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 27/05/202
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