Je lisais avec effroi le récit de ce drame survenu à Ndioum, où un talibé de 8 ans a péri dans un incendie à Médina Nianga.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Ce n’est pas la première fois qu’un enfant placés en internat religieux paie le prix de notre négligence collective. Je ne peux m’empêcher de m’indigner : comment, en 2026, des vies si jeunes peuvent-elles encore être sacrifiées sur l’autel de l’inertie et de l’inaction ? Ce drame n’est pas une fatalité, mais le résultat cynique d’un système qui tolère l’insécurité et l’abandon de ces enfants.
Les talibés, ces enfants confiés aux écoles coraniques traditionnelles, sont censés recevoir une éducation religieuse. Pourtant, la réalité est bien différente : mendicité forcée, malnutrition, violences physiques et, comme à Ndioum, absence totale de sécurité. Selon Amnesty International, en 2025, quatre autres talibés sont morts à Thiénaba Kadior après avoir ingéré une plante toxique, faute de supervision. Ces drames ne sont pas des accidents isolés, mais les symptômes d’un échec systémique. Depuis des années, les rapports s’accumulent, les alertes se multiplient, et pourtant, aucune réforme concrète n’a vu le jour. Le Sénégal, signataire de conventions internationales sur les droits de l’enfant, semble fermer les yeux sur ces violations quotidiennes.
L’article décrit une scène de panique et de désespoir : des riverains impuissants, des secours arrivés trop tard, et un enfant dont la vie s’est éteinte dans l’indifférence. Ce qui me révolte, c’est que ce drame était évitable. Les daaras, ces écoles coraniques, sont souvent des bâtiments insalubres, sans équipement de sécurité, sans issue de secours, et sans aucune surveillance étatique. Pourtant, le gouvernement sénégalais a mis en place des programmes depuis 2016 pour retirer des enfants de la rue. 10 000 talibés ont été « sauvés », mais combien restent encore exposés à ces conditions inhumaines ? Les promesses de mesures législatives et financières, évoquées par Amnesty International, ne sont que des mots creux tant qu’elles ne se traduisent pas par des actes.
Pire encore, ces enfants ne sont pas seulement victimes de négligence : ils subissent aussi des violences physiques. En janvier 2024, un talibé de 8 ans, MC, a été sévèrement battu par son maître coranique. Ces pratiques, largement documentées, sont pourtant tolérées au nom de la tradition. J’ose le dire : la tradition ne doit pas être une excuse pour l’exploitation.
Premièrement, la sécurité des enfants n’est pas négociable. Comment accepter que des lieux d’éducation deviennent des pièges mortels ? Les incendies, les intoxications, les mauvais traitements : tous ces risques pourraient être évités avec des contrôles stricts et des normes de sécurité obligatoires.
Deuxièmement, la mendicité forcée est une forme d’esclavage moderne. Amnesty International le rappelle : elle constitue une violation des droits fondamentaux. Pourtant, elle reste une pratique courante, justifiée par des arguments culturels. Mais la culture ne doit pas primer sur la dignité humaine.
Enfin, l’inaction des autorités est complice. Le Sénégal a ratifié des conventions internationales, adopté un code de l’enfant, et pourtant, rien ne change. Les drames de Ndioum, Thiénaba Kadior, et tant d’autres sont la preuve que les lois ne suffisent pas : il faut des sanctions, des inspections surprises, et une volonté politique réelle.
Au Mali ou en Guinée, des pays confrontés à des défis similaires, des campagnes de sensibilisation et des partenariats avec les leaders religieux ont permis de réduire la mendicité des enfants. Pourquoi le Sénégal, souvent cité en exemple en Afrique de l’Ouest, ne suit-il pas ces modèles ? La réponse est simple : manque de volonté. Pendant ce temps, des milliers d’enfants continuent de vivre dans des conditions indignes d’un pays qui se veut émergent.
Je refuse de croire que nous sommes condamnés à pleurer nos enfants. Le drame de Ndioum doit être un électrochoc. Il est temps de briser le silence, de exiger des comptes, et de forcer les autorités à agir. Les talibés ne sont pas des sous-citoyens : ce sont nos enfants, et leur vie a le même prix que celle de n’importe quel autre enfant sénégalais.
Je le dis sans détour : si nous ne faisons rien aujourd’hui, demains, ce sera un autre enfant, dans un autre daara, qui paiera le prix de notre indifférence. Et cette fois, la honte sera sur nous tous.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 30/05/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





