Sonko sonne l’alarme : La justice sénégalaise, complice de l’impunité ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Maimouna | Publié le 31/05/2026 03:05:15

Sonko sonne l’alarme : La justice sénégalaise, complice de l’impunité ?

Je lisais avec stupeur le compte-rendu du conseil interministériel où Ousmane Sonko, exaspéré, a lancé un coup de gueule contre l’inaction judiciaire face aux détournements de fonds publics.

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Suite de l’article : Et je me suis dit : voilà le symptôme d’un mal bien plus profond. Son indignation, aussi légitime soit-elle, met en lumière une vérité accablante : au Sénégal, la corruption n’est plus un scandale, mais une norme. Et c’est cela, le vrai drame.

Le contexte est connu : des milliards de francs CFA ont été détournés, des chantiers publics – y compris ceux du ministère de la Justice – ont servi de caisses personnelles, et pourtant, aucune tête ne tombe. Sonko a raison de s’interroger : « Qu’est-ce que la justice fait ? »

La réponse, hélas, est simple : elle subventionne l’impunité. Quand le Premier ministre lui-même dénonce un « sabotage judiciaire », c’est que la maladie a gangrené l’organisme tout entier. Les promesses de Yassine Fall, ministre de la Justice, sonnent creuses : « Nous y travaillons », dit-elle. Mais depuis combien de temps ? Combien de rapports, de commissions d’enquête, de discours enflammés… pour combien de condamnations effectives ?

Le propos de Sonko est révélateur à plus d’un titre. D’abord, parce qu’il brise l’omerta : en pointant du doigt l’absence de suites judiciaires, il force le débat public. Ensuite, parce qu’il souligne une incohérence criante : comment demander aux Sénégalais de « refinancer les mêmes ouvrages » alors que les responsables des détournements « se baladent dans le pays » ? Mais surtout, son discours révèle une normalisation de l’anormal. Quand un chef de gouvernement doit supplier pour que la justice fasse son travail, c’est que l’État de droit a cédé la place à l’État des copinages.

Pire encore, Sonko semble résigné : « Si ça continue comme ça, ce n’est pas la peine. » Cette phrase, plus qu’un coup de colère, est un aveu de défaite. Elle traduit la lassitude d’un homme qui comprend que le système est conçu pour protéger les siens. Les dossiers traînent, les procédures s’étirent, et les coupables, eux, dorment sur leurs deux oreilles. La justice, au lieu d’être un rempart, devient un alibi.

Premièrement, l’exemple vient de haut. Si les chantiers du ministère de la Justice lui-même sont touchés par la corruption, comment espérer que les autres institutions fassent mieux ? Deuxièmement, l’impunité est un cercle vicieux : plus elle dure, plus elle encourage de nouveaux abus. Enfin, la crédibilité de l’État est en jeu. Comment convaincre les citoyens de payer leurs impôts, de respecter les lois, quand eux-mêmes voient que les puissants échappent à toute sanction ?

Ailleurs en Afrique, des pays comme le Rwanda ont montré qu’il était possible de lutter efficacement contre la corruption… à condition d’avoir une volonté politique sans faille. Au Sénégal, cette volonté semble absente, ou pire, sélective. On se souvient des affaires de détournements sous l’ère Wade, puis sous celle de Macky Sall. Les noms changent, mais la musique reste la même.

Je ne peux m’empêcher de penser que le vrai danger, ce n’est pas la corruption en elle-même, mais son acceptation. Quand un Premier ministre doit hurler pour que l’on entende son désespoir, c’est que le pays a déjà franchi un seuil dangereux. Sonko a raison : « Les dossiers n’appartiennent pas aux magistrats, ils appartiennent à tous les Sénégalais. » Alors oui, il faut « hausser le ton », comme il le dit. Mais il faut surtout agir, avant que l’indignation ne devienne, elle aussi, une simple habitude.

Car si l’on s’y habitue, la corruption aura déjà gagné. Et ce jour-là, ce ne sera plus un coup de gueule qui sera nécessaire… mais une révolution.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 31/05/202
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