Serigne Khadim Mbacké, maître coranique, a été condamné le 8 juin 2026 par la chambre criminelle du Tribunal de Diourbel à 20 ans de réclusion criminelle pour viols et pédophilie sur 28 fillettes, dont 27 de ses anciennes élèves.
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Suite de l’article : Les premières dénonciations datent de juin 2023 à Touba Keur Gol et avaient entraîné son arrestation. Trois années d’attente séparant les plaintes du verdict soulèvent des questions lourdes sur la protection des mineurs.
L’affaire, révélée à l’été 2023, a donné lieu à une information judiciaire puis à une instruction qui a vu se multiplier les témoignages des victimes présumées. Le dossier, d’abord programmé pour un procès en avril 2026, a finalement été renvoyé à une audience spéciale tenue le 8 juin 2026 devant la chambre criminelle de Diourbel. Au cours du procès, les victimes présentes ont maintenu leurs déclarations recueillies lors de l’enquête et de l’instruction. L’accusé a nié les faits, parlant d’un « complot » et attribuant les accusations à des rivalités locales liées à son rôle religieux. Le ministère public avait requis vingt ans de réclusion criminelle; les juges ont suivi ces réquisitions.
L’analyse du parcours judiciaire met en lumière plusieurs éléments factuels: trois années se sont écoulées entre les premières plaintes et la décision de première instance; l’instruction a accru le volume du dossier au fur et à mesure que des témoins se sont ajoutés; le calendrier a été modifié, avec un renvoi d’audience. Ces éléments, consignés dans les actes de procédure, expliquent en partie la longueur du processus mais ne rendent pas compte des conséquences concrètes pour les mineurs impliqués. Des organisations de défense des droits de l’enfant et des acteurs engagés ont salué la condamnation tout en faisant état d’une attente prolongée qui a amplifié l’exposition médiatique des victimes et relancé le débat sur la surveillance des daaras.
Plusieurs arguments factuels appuient l’idée d’une défaillance du système: l’existence d’un long délai entre dénonciation et jugement en première instance, la nécessité d’une audience spéciale pour un dossier fortement médiatisé, et les reportages publics répétés qui ont maintenu l’affaire sous les yeux de la communauté. Les avocats des parties civiles ont invoqué la cohérence des témoignages pour établir la responsabilité pénale; la défense a plaidé l’acquittement, ce qui a allongé les débats procéduraux. Les conséquences institutionnelles sont visibles: la décision a relancé les discussions sur le contrôle des structures d’enseignement religieux et la protection administrative des mineurs en milieu d’apprentissage religieux.
Pour enrichir la perspective, il faut rappeler des repères internationaux: les institutions spécialisées recommandent une célérité des procédures lorsqu’il s’agit de victimes mineures afin de limiter la souffrance et la stigmatisation. La durée de trois ans peut être comparée à l’urgence requise par ces standards et à d’autres dossiers sensibles où la procédure a adopté des rythmes plus rapides en raison de mesures de protection renforcées. Ces éléments factuels conduisent à interroger la capacité des acteurs judiciaires et administratifs à garantir simultanément une instruction complète et une protection effective des enfants.
La condamnation de Serigne Khadim Mbacké met fin à l’épisode judiciaire en première instance mais laisse en suspens la question de la vitesse et de l’efficacité du système. Le calendrier de l’affaire, les renvois d’audience et la durée totale de la procédure forcent un constat: entre la révélation des faits en juin 2023 et le verdict de juin 2026, la lenteur du judiciaire a exposé des mineurs à une attente prolongée et à une visibilité publique durable, révélant une faiblesse structurelle dans la protection immédiate des victimes. Le procès pose ainsi davantage que la seule question d’une peine: il oblige à mesurer si, au quotidien, les mécanismes judiciaires et administratifs assurent aux enfants la réactivité et la sécurité auxquelles ils ont droit.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mounass D.
Mis en ligne : 13/06/2026
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