Je m’appelle Awa, et j’ai longtemps hésité avant de parler de ma situation, parce que chez nous, au Sénégal, certaines douleurs restent enfermées dans le cœur. Je suis mariée depuis plusieurs années avec un homme que je respecte profondément.
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Suite de l’article : C’est un homme bon, travailleur, calme, et je ne peux pas dire qu’il me manque de quoi que ce soit dans la vie quotidienne. Pourtant, il y a une absence qui pèse lourd dans notre maison : nous n’avons toujours pas d’enfant.
Au début, je vivais cela avec patience. Je me disais que le moment viendrait, que Dieu sait ce qu’Il fait. Mais avec le temps, les regards des autres ont commencé à changer ma tranquillité intérieure. Dans les familles, dans les discussions entre femmes, même dans les petites phrases innocentes, le sujet revient toujours : “Quand est-ce que vous allez avoir un bébé ?” Au début, je souriais. Aujourd’hui, chaque question me serre le cœur.
Ce qui me fait encore plus mal, ce sont certaines paroles de mon entourage. Même si mon mari ne me manque jamais de respect, il arrive que certains parlent devant moi de “problème de descendance”, ou insinuent des choses sur moi. Je sais qu’il ne le dit pas pour me blesser, mais ces mots restent dans ma tête. Parfois, je me sens gênée, diminuée, comme si ma valeur dépendait uniquement de ma capacité à enfanter.
Avec le temps, j’ai commencé à penser à une solution que je n’aurais jamais imaginée au début de mon mariage : proposer à mon mari de prendre une deuxième épouse. Je sais que c’est une décision très lourde, très sensible, et qui peut bouleverser une vie de couple. Mais dans mon esprit, cela part d’un sentiment de fatigue, et aussi d’un désir profond de le voir heureux et père. Je sais qu’il souhaite avoir des enfants, et je me dis parfois que je ne dois pas être un obstacle à son rêve.
Mais en même temps, une autre partie de moi souffre rien qu’en imaginant cela. Je l’aime, et l’idée de partager son affection me fait peur. Je me demande si je parle sous la pression, sous la douleur, ou si c’est une vraie solution réfléchie. Je me sens parfois perdue entre mon cœur, la société, et les attentes familiales.
Aujourd’hui, je commence à comprendre que cette situation ne doit pas être portée seule. Peut-être que la première étape n’est pas de prendre une décision radicale, mais de parler franchement avec mon mari, sans peur et sans honte. Peut-être aussi consulter un spécialiste pour comprendre la situation médicale, car l’absence d’enfant ne doit jamais être automatiquement attribuée à une seule personne.
Je réalise aussi que dans nos traditions et notre foi, la patience et la communication ont une grande place. Mais la patience ne veut pas dire souffrir en silence. Je pense qu’il est important d’ouvrir le dialogue, de chercher ensemble une solution, et surtout de protéger notre couple avant toute pression extérieure.
Je ne sais pas encore quelle décision sera prise. Mais je sais une chose : je dois sortir du silence, et arrêter de porter seule ce poids qui m’empêche de respirer pleinement dans mon mariage.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/06/2026
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