Le maire de Dakar, Abass Fall, a lancé l’opération « Zéro Déchets » à Dakar à quelques mois des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026.
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Suite de l’article : La Ville a remis 2 000 bacs à ordures de 660 litres (1 000 confiés à la SONAGED) et 3 000 sacs à sable lors d’une cérémonie en présence de Cécile Faye, secrétaire générale du COJOJ. Les autorités ont annoncé une dotation de 20 bacs pour chacune des 19 communes et la distribution d’équipements aux écoles et aux édifices religieux.
L’objectif affiché vise à améliorer la collecte le long des itinéraires desservant les sites de compétition et dans les espaces publics, avec la promesse d’une capitale plus propre comparable à de grandes métropoles. Pourtant, la remise du matériel s’est faite sans annonce publique d’un plan de maintenance, de financement pérenne ou de calendrier de suivi pour garantir l’utilisation durable de ces équipements.
Le détail des chiffres éclaire une fragilité logistique. Parmi les 2 000 bacs, 1 000 ont été attribués à la SONAGED, et la dotation de 20 bacs par commune représente 380 unités pour l’ensemble des 19 communes, ce qui laisse 620 bacs destinés aux écoles, aux lieux de culte et aux autres espaces publics. Cette répartition pose la question de l’adéquation entre le volume d’équipement livré et les besoins réels de collecte pour une agglomération dense comme Dakar. Un seul bac de 660 litres peut rapidement atteindre sa capacité si la fréquence de vidage n’est pas définie et financée.
L’expérience internationale livre des leçons factuelles sur le risque d’un investissement temporaire. Après les Jeux d’Athènes en 2004, plusieurs installations sportives sont restées peu utilisées et ont connu un entretien insuffisant, ce qui a généré des coûts publics sans bénéfices locaux durables. Après les Jeux de Rio en 2016, des rapports ont fait état de sites difficiles à entretenir et d’équipements publics dont la maintenance a pesé sur les budgets municipaux. Ces deux comparaisons montrent que l’affichage d’améliorations matérielles avant un événement ne garantit pas leur pérennité sans dispositifs institutionnels de suivi.
Sur le plan opérationnel, les éléments restés non précisés lors de la cérémonie sont essentiels pour transformer une distribution d’outils en progrès durable. Parmi ces éléments figurent la fréquence de collecte programmée par la SONAGED, les modalités de renouvellement ou de réparation des bacs, les moyens humains pour assurer la collecte renforcée autour des sites, et les sources de financement récurrentes pour l’entretien. L’absence d’une déclaration publique sur ces sujets laisse un vide documenté dans l’annonce municipale.
La distribution ciblée peut aussi avoir un effet d’affichage si elle n’est pas accompagnée d’une gouvernance locale renforcée. La formation du personnel de propreté, la sensibilisation continue des habitants et des gestionnaires d’établissements scolaires ou religieux, ainsi que des dispositifs de contrôle de l’usage des bacs sont des facteurs mesurables qui conditionnent le succès à long terme. Cécile Faye a salué « cette initiative en faveur de la réussite des JOJ Dakar 2026 et de la préservation de l’environnement », mais le salut reste lié à la suite administrative et financière que la Ville choisira de donner.
La livraison de 2 000 bacs et de 3 000 sacs à sable constitue un apport concret pour les opérations à court terme, mais les éléments factuels disponibles montrent un risque élevé de retour à l’état antérieur si aucun mécanisme de suivi, de maintenance et de financement n’est mis en place après les Jeux. L’enjeu pour Dakar consiste désormais à formaliser des engagements précis et vérifiables afin que l’effort matériel ne demeure qu’un coup d’éclat ponctuel et qu’il produise des améliorations durables pour les habitants.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : El Hadji F.
Mis en ligne : 02/08/2026
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