Aliou Cissé payé : Un signal d’alarme pour les fédérations africaines - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Emmanuel | Publié le 26/07/2026 07:07:00

Aliou Cissé payé : Un signal d’alarme pour les fédérations africaines

Je ne peux m’empêcher de réagir à la récente décision de la FIFA condamnant la Fédération libyenne de football (FLF) à verser 538 millions de FCFA à Aliou Cissé pour des arriérés de salaires. Cette victoire du technicien sénégalais, après huit mois sans paiement, est une leçon de dignité et de persévérance.

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Suite de l’article : Pourtant, je m’interroge : pourquoi faut-il en arriver à des recours internationaux pour que justice soit rendue ? Et surtout, quand est-ce que les Sénégalais et les Africains en général pourront-ils compter sur un système qui protège tous les acteurs du football, sans exception ?

Aliou Cissé, champion d’Afrique en 2022, avait signé en mars 2025 un contrat de deux ans avec la Libye, pour un salaire mensuel de 50 millions de FCFA. Rapidement, les promesses se sont heurtées à la réalité : la FLF, en proie à une crise financière aigüe, a cessé de payer. Pendant huit mois, ni lui ni son staff n’ont touché un franc. Les justifications ? Une « grave crise de trésorerie » et des « retards de déblocage des financements ». Des excuses éculées, qui sonnent comme une moquerie pour quiconque connaît les dysfonctionnements récurrents des fédérations africaines.

La décision de la FIFA est un signal fort : les contrats doivent être honorés, même face à une institution sportive. Elle rappelle que le respect des engagements n’est pas négociable, et que les techniciens, fussent-ils africains, méritent la même considération que leurs homologues européens. Pourtant, cette affaire soulève une question lancinante : combien d’autres Aliou Cissé, moins médiatisés, subissent encore l’injustice en silence ? Combien de staffs, de joueurs, ou d’employés des fédérations attendent toujours leur dû, sans espoir de recours ?

Je ne peux m’empêcher de comparer cette situation à celle d’autres sélectionneurs africains. Selon Jeune Afrique, les salaires des entraîneurs du continent restent inférieurs de 50 à 80 % à ceux de leurs pairs européens, alors que leurs fédérations peinent souvent à les payer. En Libye, au Maroc, ou même au Sénégal, les retards de paiement sont monnayables, et les promesses non tenues, une norme. Pourquoi faut-il que la FIFA intervienne pour que l’évidence soit respectée ?

Premièrement, cette affaire prouve que la justice existe mais elle est lente, coûteuse, et inaccessible à beaucoup. Aliou Cissé a eu les moyens de saisir la FIFA. Combien d’autres, sans son réseau ou sa notoriété, abandonnent par lassitude ou par peur des représailles ?

Deuxièmement, elle révèle un double standard. Quand une fédération européenne omet de payer un entraîneur, les médias s’embrasent. En Afrique, c’est souvent le silence. Pourtant, les conséquences sont les mêmes : des vies professionnelles brisées, des familles en difficulté.

Enfin, cette décision doit servir d’avertissement. La FLF a été condamnée à payer, mais que se passera-t-il si elle ne le fait pas ? La FIFA a-t-elle les moyens de faire respecter ses décisions face à des fédérations récalcitrantes ? La crédibilité de l’instance mondiale est en jeu.

En 2023, la Fédération ivoirienne avait elle aussi été traînée devant la FIFA pour non-paiement des primes des joueurs. Résultat : une condamnation… et des retards persistants. En 2024, c’était au tour du Nigeria. L’Afrique est-elle devenue le terrain de jeu des fédérations irresponsables ? Pendant ce temps, en Europe, un club qui ne paie pas ses joueurs est immédiatement sanctionné par des interdictions de recrutement.

Je me réjouis pour Aliou Cissé. Sa victoire est celle de tous ceux qui croient en l’équité. Mais je reste amer. Quand est-ce que les Sénégalais, et les Africains, n’auront plus à compter sur la FIFA pour obtenir gain de cause ? Quand est-ce que les fédérations comprendront que le respect des contrats n’est pas une option, mais une obligation ?

La décision contre la Libye est un pas. Mais le chemin vers une justice équitable pour tous est encore long. Et je ne suis pas prêt à me contenter de miettes.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 26/07/202
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