Xeloda introuvable : L'État doit-il rendre des comptes ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Santé | Par Eva | Publié le 16/08/2026 09:08:00

Xeloda introuvable : L'État doit-il rendre des comptes ?

Au Sénégal, des patients atteints de cancer et leurs proches signalent depuis plusieurs semaines une rupture critique de Xeloda (capécitabine) dans les hôpitaux et les pharmacies de Dakar et des régions.

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Suite de l’article : Les familles imputent ces manques à des dysfonctionnements de la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement et du ministère de la Santé, et elles signalent des interruptions de traitement qui durent près d’un mois. Les malades et les associations demandent des explications et une réaction immédiate des autorités.

Le Xeloda, molécule administrée par voie orale pour combattre le cancer du sein, le cancer colorectal et le cancer de l’estomac, est souvent intégré aux protocoles pour éviter ou compléter des chimiothérapies intraveineuses longues.

Dans les centres d’oncologie et dans les officines, l’analyse des faits révèle plusieurs points concrets. Les stocks déclarés comme épuisés à la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement et chez les grossistes répartiteurs traduisent une rupture de la chaîne logistique: commandes non honorées, délais d’importation prolongés et absence apparente de stocks de sécurité. En conséquence, des patients se voient contraints d’acheter le médicament à l’étranger ou via des circuits parallèles informels où les prix flambent et la traçabilité est compromise. Une proche d’un patient résume la situation: « On nous demande de respecter scrupuleusement les cycles de traitement, mais le produit est introuvable depuis près d’un mois. »

Les conséquences cliniques et humaines sont documentées par les oncologues consultés sur le terrain. L’interruption prolongée des cycles de capécitabine augmente le risque de reprise tumorale et complique les options thérapeutiques futures lorsque les alternatives existent en nombre limité. Des spécialistes signalent aussi un risque d’inefficacité accrue des traitements de substitution si les pauses se multiplient. À cela s’ajoute une détresse psychologique marquée pour les patients et leurs proches, qui multiplient les démarches administratives et financières pour tenter d’assurer la continuité des soins.

Les arguments qui pointent la gestion étatique s’appuient sur des faits vérifiables: absence de transparence sur l’état réel des stocks, manque visible de mécanismes de stockage d’urgence au niveau national et régulier recours à l’importation individuelle par des familles. Les associations de défense des malades réclament « l’approvisionnement d’urgence de stocks de sécurité pour le Xeloda et ses génériques » et demandent la publication systématique des inventaires nationaux. La comparaison avec des modèles de gestion qui imposent des réserves stratégiques met en lumière l’ampleur du déficit sénégalais, et la comparaison avec des médicaments chroniques mieux assurés montre le caractère spécifique et fragile de l’approvisionnement en anticancéreux.

Un élément de contexte utile: la capécitabine existe en versions génériques commercialisées sur le marché international, ce qui rend techniquement possible une relance rapide des approvisionnements si les procédures d’achat et d’homologation sont activées. Sur le terrain, toutefois, les barrières administratives, la dépendance à quelques importateurs et l’absence de surveillance publique des stocks ont transformé une rupture logistique en crise de santé publique touchant des centaines de malades.

La situation dépeint un échec de pilotage qui met en jeu des pronostics vitaux sans explication publique satisfaisante. Les familles vivent l’angoisse quotidienne des jours sans traitement, les oncologues adaptent des plans de secours limités et les organisations de patients multiplient les alertes. Le dossier appelle des réponses précises sur l’origine des ruptures, la nature des responsabilités administratives et la mise en place de garde-fous concrets pour que des vies ne soient plus mises en péril par des ruptures évitables.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/08/2026

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