Il y a quelque chose de profondément troublant dans l’affaire de la « liste noire » des établissements d’enseignement supérieur non reconnus au Sénégal. En quelques jours, le MESRI est passé d’une publication présentée comme officielle à un communiqué expliquant que le document avait été diffusé « en dehors des circuits de validation du ministère ».
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Le ministère précise désormais qu’il s’agissait d’un outil de travail interne. Très bien. Mais alors, comment un document aussi sensible a-t-il pu se retrouver publiquement diffusé et présenté comme une décision de l’administration ?
Le 2 octobre, une liste recensant 34 établissements et antennes avait été largement relayée. Elle concernait notamment des implantations de l’ISEG ainsi que le CEDS et le CIS-PAIX pour le volet doctoral. Le document était présenté comme une « Liste noire n°1 » arrêtée au 1er octobre 2026. Deux jours plus tard, après les réactions des établissements concernés, le MESRI a changé de discours : le document n’aurait pas été validé pour une communication officielle.
C’est précisément là que le citoyen est en droit de poser des questions.
Je ne dis pas que le ministère a reculé sous la pression. Rien ne permet, à ce stade, de l’établir. Mais le calendrier interpelle. Plusieurs établissements visés ont publiquement contesté leur présence sur la liste. Le CEDS, par exemple, a expliqué sa position en invoquant notamment son statut et un accord de siège. L’ISEG et d’autres structures ont également demandé des clarifications et évoqué des recours.
Le problème dépasse donc largement une simple erreur de communication. Lorsqu’un ministère parle de diplômes, d’habilitation et de reconnaissance académique, il touche directement à l’avenir de milliers d’étudiants. Derrière chaque établissement cité, il y a des parents qui paient des frais de scolarité, des jeunes qui consacrent plusieurs années à leurs études et des diplômés qui espèrent accéder à l’emploi ou poursuivre leur parcours universitaire.
Dans d’autres contextes, notamment lorsque les administrations publient des listes d’établissements non autorisés, l’objectif affiché est généralement de protéger les étudiants. Mais cette protection n’a de sens que si la procédure est incontestable : critères précis, vérifications contradictoires, document validé, communication maîtrisée et possibilité pour les établissements concernés de faire valoir leurs observations. Sinon, une mesure destinée à restaurer la confiance peut produire exactement l’effet inverse.
Et c’est là que le MESRI doit tirer les leçons de cette affaire. On ne peut pas demander aux étudiants de vérifier l’habilitation de leur établissement tout en donnant soi-même l’impression que la procédure administrative manque de clarté.
Le plus inquiétant n’est finalement pas qu’une liste ait été corrigée. Une administration peut se tromper et rectifier. Le vrai problème serait de laisser planer le doute sur la manière dont cette liste a été élaborée, validée puis diffusée.
Aujourd’hui, les Sénégalais ne demandent pas des déclarations contradictoires. Ils veulent simplement une réponse claire : quels établissements sont réellement concernés, pour quels diplômes, sur quelle base juridique et après quelles vérifications ?
Sur les diplômes, il ne devrait y avoir ni précipitation ni improvisation. Parce qu’au bout du compte, ce ne sont pas des communiqués qui jouent leur avenir. Ce sont les étudiants.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 06/10/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





