Je m’appelle Awa, j’ai 24 ans et je vis dans la banlieue dakaroise avec ma tante. Si je prends aujourd’hui la plume, c’est parce que je n’en peux plus de garder ce secret. Je souris devant les gens, mais au fond de moi, je suis en train de m’effondrer.
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Suite de l’article : Tout a commencé avec un homme que je croyais sincère. Appelons-le Mamadou. Il avait 38 ans, était marié et père de deux enfants. Je le savais dès le début, mais il m’avait convaincue que son mariage ne tenait plus qu’à un fil. Il me répétait que sa femme et lui ne partageaient plus rien, qu’il attendait simplement le bon moment pour régler sa situation. Moi, naïve, j’ai fini par m’attacher.
Mamadou m’aidait parfois avec mes dépenses, m’envoyait de l’argent pour le transport et prenait de mes nouvelles chaque soir. À force, j’ai cru que j’étais importante pour lui. Jusqu’au jour où j’ai découvert que j’étais enceinte.
Quand je lui ai annoncé la nouvelle, son visage a changé. Celui qui me promettait monts et merveilles est devenu un homme froid.
« Awa, tu es sûre que c’est moi ? Tu sais que je suis marié. Il ne faut pas gâcher ma vie », m’a-t-il lancé.
J’ai cru rêver. Gâcher sa vie ? Et la mienne alors ? C’est moi qui portais cet enfant, moi qui risquais de perdre ma famille, moi qui devais affronter les regards et les commentaires.
Depuis ce jour, Mamadou répond rarement à mes appels. Parfois, il lit mes messages sans répondre. J’ai même essayé de le rencontrer devant son lieu de travail, mais il m’a demandé de ne plus venir le chercher.
À la maison, ma tante commence à avoir des soupçons. Elle me demande pourquoi je suis souvent fatiguée, pourquoi je mange moins et pourquoi je reste enfermée dans ma chambre. Chaque question me donne envie de pleurer.
Dans notre famille, tomber enceinte hors mariage est considéré comme une honte. J’entends souvent ma tante dire qu’elle ne tolérera jamais une fille qui ramène un enfant sans père sous son toit. Si elle apprend la vérité, je ne sais pas où aller. Je n’ai ni travail stable ni économies suffisantes pour louer une chambre.
Le pire, c’est que je commence à en vouloir à cet enfant alors qu’il n’a rien demandé. Ensuite, je culpabilise et je pleure toute seule. Je suis partagée entre la peur, la colère et l’incertitude.
Je ne sais même plus à qui parler. Mes amies risquent de me juger, ma famille de me rejeter et l’homme que j’aimais m’a abandonnée au moment où j’avais le plus besoin de lui.
Aujourd’hui, je me pose une seule question : pourquoi, dans notre société, est-ce toujours la femme qui porte seule le poids des erreurs commises à deux ?
Je ne cherche pas qu’on me plaigne. J’ai simplement besoin de conseils sincères. Dois-je tout avouer à ma tante et affronter les conséquences, ou chercher d’abord une solution pour me protéger et préparer l’avenir de cet enfant ?
Awa, une jeune femme perdue qui cherche encore le courage de se relever.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 21/10/2026
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