Je m’appelle Aïssatou, j’ai 34 ans et je suis mariée depuis plusieurs années. Mon mari travaille en Italie. Au début, nous pensions que la distance ne serait qu’une étape dans notre vie de couple.
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Suite de l’article : Il m’envoyait de l’argent, nous nous appelions régulièrement et nous parlions souvent de notre plus grand rêve : avoir un enfant.
Mais les années passaient et je ne tombais toujours pas enceinte. À chaque baptême auquel j’assistais, chaque fois que je voyais une femme porter son bébé au dos ou préparer le berceau de son nouveau-né, je ressentais une douleur que je n’arrivais pas à expliquer. Je souriais devant les gens, mais, une fois seule dans ma chambre, je pleurais en silence.
Au quartier, certaines personnes commençaient à poser des questions indiscrètes. D’autres me conseillaient des remèdes traditionnels. J’avais honte d’en parler à mon mari, car je craignais qu’il pense que je ne faisais pas assez d’efforts.
Un jour, une amie m’a parlé d’un marabout qui, selon elle, aidait les femmes confrontées à des difficultés pour concevoir. Au début, j’étais hésitante. Mais le désespoir peut pousser une personne à chercher des solutions là où elle n’aurait jamais imaginé aller.
Je me suis rendue chez cet homme avec l’espoir de revenir un jour annoncer une bonne nouvelle à ma famille. Il m’a rassurée, affirmant qu’il connaissait la cause de mon problème et qu’il pouvait m’aider grâce à des pratiques mystiques. Je lui ai fait confiance parce que je voulais croire qu’une solution existait.
Mais progressivement, ses demandes sont devenues inquiétantes. Il m’a fait boire une préparation dont j’ignorais la composition. Après l’avoir consommée, je ne me sentais plus comme d’habitude. J’étais confuse et incapable de comprendre clairement ce qui m’arrivait.
C’est à partir de ce moment que ma vie a basculé. J’ai subi des actes que je n’avais jamais acceptés. J’étais venue chercher de l’aide, pas pour que quelqu’un profite de ma vulnérabilité.
Quelques semaines plus tard, j’ai découvert que j’étais enceinte. Au lieu de ressentir la joie que j’avais tant espérée, j’ai été envahie par la peur, la honte et les questions. Comment expliquer cette grossesse à mon mari ? Comment affronter ma famille ? À qui pouvais-je raconter ce qui m’était arrivé sans être jugée ?
J’ai longtemps gardé le silence, persuadée que personne ne comprendrait ma souffrance. Puis j’ai compris que me taire ne ferait qu’aggraver ma douleur.
Aujourd’hui, je veux dire aux femmes qui traversent les mêmes épreuves qu’elles ne doivent jamais laisser leur désespoir les priver de leur droit à la sécurité et au respect. Vouloir un enfant n’est pas une faiblesse. Faire confiance n’est pas une faute. Et subir des violences ne doit jamais devenir un motif de honte pour la victime.
Je voulais simplement devenir mère. Je ne pensais pas qu’en cherchant une solution à ma souffrance, je devrais un jour me battre pour retrouver ma dignité.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 11/10/2026
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