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La récente réforme de la Primature, annoncée par le Président Bassirou Diomaye Faye, suscite des préoccupations quant à sa capacité à répondre aux véritables besoins d’efficacité administrative. En cherchant à établir un « Premier ministre super fort », le chef de l’État semble ajouter une couche de bureaucratie à un système déjà jugé complexe et difficilement navigable. Les modifications apportées à l’architecture gouvernementale, bien qu’ambitieuses, soulèvent des questions sur leur pertinence et leur impact sur la gouvernance.
La Primature, traditionnellement perçue comme un organe de coordination, se voit transformée en un centre stratégique, avec des responsabilités élargies pour ses membres. Le décret récemment signé vise à renforcer la fonction de pilotage, en introduisant des structures telles que la Cellule d’Orientation et de Suivi des Réformes. Cependant, cette réorganisation intervient dans un contexte où les critiques sur la lourdeur administrative et la lenteur des processus décisionnels sont fréquentes.
L’objectif affiché de la réforme est de créer un exécutif plus efficace et mieux outillé. Toutefois, l’ajout de nouvelles structures et postes, comme le Directeur de Cabinet adjoint et le Secrétaire d’État rattaché à la Primature, pourrait paradoxalement entraîner une complexification des circuits décisionnels. En effet, la multiplication des échelons administratifs peut ralentir la prise de décision, rendant l’appareil gouvernemental encore plus rigide. De plus, cette démarche semble ignorer les critiques antérieures concernant l’excès de bureaucratie, qui est souvent perçu comme un frein à l’efficacité.
Les récentes modifications apportées à la Primature s’accompagnent de la création de trois nouvelles entités : l’Inspection des Services de la Primature, la Cellule d’Orientation et de Suivi des Réformes, et la Cellule de Préparation du Conseil des ministres. Chacune de ces structures est censée apporter une plus-value en matière de contrôle et de coordination. Cependant, l’expérience montre que l’ajout de couches bureaucratiques ne garantit pas nécessairement une meilleure gestion. Par exemple, dans d’autres administrations, des réformes similaires ont souvent conduit à une dilution des responsabilités et à une augmentation des délais de traitement des dossiers.
La logique de renforcement des pouvoirs ministériels et du Premier ministre, tout en paraissant prometteuse sur le papier, ne fait qu’accentuer la complexité du système. L’introduction d’un Secrétariat général du Gouvernement aux prérogatives élargies, bien qu’elle vise à professionnaliser la production normative, pourrait également engendrer des conflits de compétences et des chevauchements dans les responsabilités. Ce modèle de gouvernance, basé sur le partage des pouvoirs, risque de créer une dynamique où la responsabilité est diluée, rendant ainsi plus difficile l’évaluation de l’efficacité des décisions prises.
Des études antérieures sur la gouvernance administrative dans plusieurs pays montrent qu’une bureaucratie excessive peut entraîner une perte de réactivité face aux défis contemporains. En 2022, une enquête menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a révélé que les pays ayant une structure administrative plus simple et plus directe avaient généralement de meilleurs résultats en matière de satisfaction citoyenne et d’efficacité des services publics. Dans le cas du Sénégal, la réforme de la Primature pourrait donc être perçue comme un retour en arrière, plutôt qu’un progrès vers une administration moderne et efficace.
La réforme de la Primature, bien que présentée comme une avancée vers une gouvernance plus robuste, soulève des inquiétudes quant à la création d’une bureaucratie additionnelle dans un système déjà complexe. Les nouvelles structures et responsabilités, loin de simplifier le fonctionnement gouvernemental, risquent de rendre la prise de décision plus difficile et moins efficace. En somme, cette initiative pourrait s’avérer contre-productive, en éloignant davantage l’administration des besoins réels des citoyens.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Rahim B.
Mis en ligne : 20/12/2025
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