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La récente nomination de Moussa Ba à la tête de l’Agence de Régulation des Marchés par le président Bassirou Diomaye Faye soulève des interrogations. Ce décret, censé incarner une nouvelle dynamique au sein de cette institution essentielle, semble davantage un coup politique qu’une véritable réforme. Les enjeux de cette décision méritent une attention particulière, tant ils révèlent les arrières-plans d’un jeu de pouvoir souvent obscur.
L’Agence de Régulation des Marchés, pilier de la régulation économique, a pour mission de garantir la stabilité des marchés des produits de consommation courante. En théorie, elle doit lutter contre la spéculation et protéger le pouvoir d’achat des citoyens. Cependant, la réalité est souvent plus complexe. La nomination de Moussa Ba, un logisticien, à la présidence du Conseil d’administration, interroge sur les motivations réelles derrière ce choix. Est-ce un tournant stratégique ou simplement un repositionnement dans un paysage politique en constante évolution ?
Le changement à la tête de l’Agence de Régulation des Marchés pourrait être perçu comme une tentative de redynamiser une institution jugée parfois trop passive. Pourtant, cette démarche soulève des doutes. La nomination de Moussa Ba, sans expérience manifeste dans le domaine de la régulation des marchés, laisse penser que le président Faye privilégie des considérations politiques sur des critères de compétence. Ce choix pourrait se traduire par une continuité des pratiques antérieures, où le clientélisme prime sur l’efficacité. Comme l’a dit un analyste : « La compétence ne devrait pas être sacrifiée sur l’autel de la loyauté politique. »
La décision de nommer Moussa Ba s’inscrit dans un contexte où la confiance des citoyens envers les institutions est déjà ébranlée. Les précédents dirigeants de l’agence ont souvent été critiqués pour leur incapacité à répondre aux besoins réels des consommateurs. En remplaçant El Hadji Malick Mboup, dont le mandat a été marqué par des critiques, le président Faye aurait pu saisir l’opportunité de désigner un expert reconnu dans le domaine. À la place, il opte pour un choix qui pourrait renforcer l’idée que les nominations sont davantage le fruit de stratégies politiques que d’une volonté de réforme sincère.
Le décret de nomination de Moussa Ba apparaît donc comme un coup de poker politique. Au lieu d’apporter une réelle réforme, il semble répondre à des impératifs de contrôle et de fidélité. Loin de répondre aux attentes d’une population en quête de transparence et d’efficacité, cette décision pourrait renforcer les doutes sur la capacité de l’Agence de Régulation des Marchés à remplir sa mission. En effet, le risque est grand que cette nomination soit perçue comme une manœuvre pour maintenir le statu quo, plutôt qu’un souffle nouveau.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au cours des dernières années, les hausses des prix des denrées de première nécessité ont été alarmantes. Les citoyens se sentent souvent abandonnés face à une inflation galopante. Les attentes envers l’Agence de Régulation des Marchés sont donc élevées, et la nomination d’un président sans réelle expertise ne fait qu’ajouter à l’inquiétude. Les précédentes expériences de nominations basées sur des considérations politiques ont souvent conduit à des échecs retentissants. L’histoire semble se répéter, et les conséquences pourraient être désastreuses pour les consommateurs.
La nomination de Moussa Ba à la tête de l’Agence de Régulation des Marchés illustre les dérives d’un système où la politique prime sur la compétence. Les enjeux de cette décision sont cruciaux pour l’avenir économique du pays. En choisissant un profil éloigné des exigences du poste, le président Faye semble privilégier des intérêts politiques au détriment d’une réforme véritablement nécessaire. La vigilance des citoyens sera essentielle pour s’assurer que ce choix ne soit pas un simple coup d’épée dans l’eau, mais bien le début d’une véritable transformation.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Tapha Gueye.
Mis en ligne : 04/01/2026
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