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L’ancien Premier ministre malaisien, Najib Razak, a été reconnu coupable d’abus de pouvoir et de blanchiment d’argent le 26 décembre 2025 par la Haute-Cour de Kuala Lumpur. Déjà condamné à six ans de prison pour d’autres délits liés au scandale du fonds souverain 1Malaysia
Berhad (1MDB), sa situation soulève des questions cruciales sur la persistance de la corruption en Malaisie, malgré les verdicts judiciaires.
Le scandale 1MDB, qui a éclaté en 2015, a révélé un vaste réseau de détournements de fonds, impliquant des sommes astronomiques estimées à plusieurs milliards de dollars. Najib Razak, en tant que ministre des Finances et Premier ministre, a été directement impliqué dans la gestion de ce fonds, censé favoriser le développement économique du pays. Les accusations portées contre lui incluent des pots-de-vin d’environ 2,28 milliards de ringgits (environ 471 millions d’euros) et 21 chefs d’accusation de blanchiment d’argent. Ce contexte met en lumière non seulement les actions de Najib, mais aussi l’environnement politique qui a pu permettre de telles pratiques.
Le verdict du tribunal a été clair : la culpabilité de Najib Razak a été prouvée « au-delà de tout doute raisonnable ». Le président de la cour, Collin Lawrence Sequerah, a rejeté les arguments de la défense qui tentaient de minimiser la responsabilité de l’ancien dirigeant en invoquant des dons du Moyen-Orient. Ce jugement, bien qu’il semble représenter une avancée dans la lutte contre la corruption, questionne l’efficacité des mesures judiciaires face à une culture profondément ancrée de corruption en Malaisie.
L’ancien Premier ministre a profité de ses fonctions pour transférer des fonds de 1MDB vers ses comptes personnels, illustrant ainsi une exploitation systématique des ressources publiques. Les enquêtes internationales, menées aux États-Unis, en Suisse et à Singapour, ont mis en lumière l’ampleur de ce scandale, mais les conséquences judiciaires semblent limitées à des individus spécifiques, laissant intact le système qui a permis ces abus.
Les preuves présentées lors du procès étaient solides, incluant des relevés bancaires et des témoignages de plus de 50 personnes. Cependant, la question demeure : qu’est-ce que cela change réellement pour la culture de la corruption en Malaisie ? Malgré les condamnations, les structures qui ont permis à de tels abus de se produire n’ont pas été fondamentalement remises en question. L’avocat de Najib, Muhammad Shafee Abdullah, a soutenu que son client n’avait jamais bénéficié d’un procès équitable, ce qui soulève des préoccupations sur l’indépendance du système judiciaire malaisien.
Il est également pertinent de comparer la situation de Najib avec d’autres cas de corruption dans le monde. Par exemple, des pays comme l’Indonésie ont connu des réformes significatives suite à des scandales de corruption, entraînant des changements dans la législation et des améliorations dans la transparence gouvernementale. En revanche, la Malaisie semble encore en proie à des pratiques qui perdurent, malgré des condamnations.
Le procès de Najib Razak illustre que même des verdicts de culpabilité ne suffisent pas à changer une culture de corruption profondément enracinée. Les institutions malaisiennes doivent faire face à un défi majeur : comment réformer un système qui, malgré les condamnations, continue de favoriser l’impunité et la corruption ? Les condamnations judiciaires, bien qu’importantes, ne peuvent à elles seules engendrer un changement durable sans une volonté politique et sociale de s’attaquer aux racines du problème.
Des études montrent que la perception de la corruption en Malaisie reste élevée, avec une note de 47 sur 100 dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International en 2021. Ce chiffre indique que, malgré les efforts de justice, la confiance du public dans les institutions est encore fragile. Les réformes nécessaires pour lutter efficacement contre la corruption incluent une meilleure transparence financière, un renforcement des mécanismes de contrôle et une éducation civique pour sensibiliser les citoyens à leurs droits et à leurs responsabilités.
Le verdict contre Najib Razak met en lumière des enjeux cruciaux concernant la lutte contre la corruption en Malaisie. Bien que ce jugement représente une étape significative, il soulève des interrogations sur l’efficacité des mesures prises jusqu’à présent. La culture de la corruption, profondément ancrée, nécessite des réformes structurelles pour garantir que les condamnations judiciaires se traduisent par des changements tangibles dans la gouvernance et la transparence. Les défis demeurent nombreux, mais la prise de conscience et l’engagement collectif peuvent ouvrir la voie à une transformation nécessaire.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 11/01/2026
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