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Ousmane Sonko apparaît aujourd’hui comme un homme d’État conscient des fractures du pays et déterminé à engager le débat public pour y apporter des corrections nécessaires. Sa prise de parole sur la reddition des comptes et sur la gestion des ressources sonne comme une invitation au dialogue et à la responsabilité. Plutôt que la posture vindicative qu’on lui prête parfois, il propose une démarche qui combine fermeté morale et volonté de construire, choisissant la voie du débat plutôt que celle de l’affrontement.
La contestation de pratiques de détournement et le sentiment d’une mauvaise affectation des ressources publiques traversent la société sénégalaise depuis des années. Dans ce climat, la promesse de faire rendre compte ceux qui ont prévariqué trouve un écho légitime auprès d’une population qui réclame justice sociale et efficacité des politiques publiques. Sonko a rappelé que l’argent n’a pas été investi dans l’agriculture, dans l’élevage, dans l’industrie ou dans les services sociaux de base, et il a assumé la nécessité d’une conversation publique pour réparer ces dérives.
Sonko se présente comme un dirigeant qui refuse l’amnésie collective. Son mot, «mane poste de premier ministre teunkouma», traduit une volonté d’assumer une responsabilité politique sans se dérober au débat. Plutôt que de brandir des accusations sans processus, il propose de discuter «là où il se doit», ce qui témoigne d’une préférence pour les instances et les formes du débat républicain. Cette approche ressemble à celle d’un responsable d’État qui privilégie la transparence et la mise en ordre des institutions, à l’opposé d’une logique de revanche ou d’exclusion. Si certains voient dans sa fermeté un ton populiste, son appel à corriger les pratiques rappelle la méthode de dirigeants qui ont réussi à réformer leurs pays par la parole publique et par la mise en mouvement des citoyens.
La première force de cette posture tient à la clarté des principes: responsabilité, reddition des comptes et priorité à l’investissement productif. Exiger que les ressources servent l’agriculture ou la santé n’est pas une promesse vague, mais une orientation claire qui peut être chiffrée et évaluée. La seconde force repose sur la volonté de débattre plutôt que d’imposer: en proposant des discussions publiques et judiciaires, Sonko ouvre la porte à des solutions ancrées dans le droit et dans l’expertise. La troisième force est d’ordre symbolique: un leader qui appelle à corriger les dérives et qui dit vouloir «faire face au peuple» propose une relation politique apaisée, fondée sur la transparence, non sur la division. Cette stratégie peut être comparée à celle de responsables qui ont transformé des mouvements de colère en projets nationaux et à celle de partis qui ont mis la pédagogie au cœur de leur action.
Présenter Sonko comme un homme d’État, c’est reconnaître sa capacité à reconnaître les failles du système et à proposer une méthode pour les corriger. Son discours combine critique des pratiques passées et proposition de voies concrètes: enquêtes, débats publics, priorisation des secteurs productifs. En intégrant la dimension sociale, il rappelle que la lutte contre la corruption ne vaut que si elle se couple d’une politique redistributive et d’investissements ciblés. En outre, son appel à la responsabilité populaire insiste sur le rôle des citoyens face aux tentations clientélistes, et sur la nécessité d’une culture politique où l’honnêteté devient une norme politique.
Les chiffres du budget national montrent que les secteurs agricoles et sociaux restent sous-financés par rapport aux besoins réels des populations rurales et urbaines. Réorienter ne signifie pas seulement dépenser autrement; cela implique de renforcer les capacités de contrôle, de moderniser les procédures d’achat public et de soutenir des filières porteuses de valeur ajoutée. Des exemples de pays ayant recentré leurs dépenses sur l’agriculture et la santé montrent des gains en sécurité alimentaire et en productivité, preuve qu’une politique rigoureuse et participative peut produire des résultats tangibles.
Ousmane Sonko propose un chemin exigeant mais constructif: appeler les responsables à rendre compte, replacer l’investissement au service des besoins réels et engager le peuple dans le contrôle démocratique. Ce mélange de fermeté et d’ouverture au débat rassemble plutôt qu’il ne fracture, et il offre une alternative crédible aux pratiques d’hier. Si la politique veut rester utile au pays, elle doit adopter ce genre de posture: demander des comptes tout en proposant des solutions gouvernables et partagées. Sonko, en choisissant le débat et la réparation, trace une voie d’État qui mérite d’être prise au sérieux.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Diop.
Mis en ligne : 20/01/2026
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