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Le chroniqueur juge la menace publique proférée par Donald Trump comme une provocation dangereuse et hypocrite qui met en péril des vies plutôt que de les protéger. La formulation directe — «Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir» — frappe comme une fanfare de puissance alors que des civils manifestent pour le pain et la dignité. Refuser cette rhétorique revient à refuser la logique de la force qui trop souvent précède l’escalade et la tragédie.
Des manifestations contre l’hyperinflation et la crise économique ont embrasé plusieurs villes iraniennes, avec des affrontements ayant causé des morts et des dizaines d’arrestations. Le conseiller proche du pouvoir iranien a averti que l’ingérence étrangère pourrait plonger la région dans le chaos, un rappel que les tensions locales se jouent aussi sur la scène internationale. La proclamation publique d’une puissance étrangère transforme un soulèvement social en enjeu géopolitique, au risque d’élargir un conflit déjà meurtri.
Le propos présidentiel a plusieurs effets toxiques qui doivent être analysés sans complaisance. D’abord, la menace explicite encourage les acteurs locaux à jouer la surenchère sécuritaire pour afficher leur souveraineté, ce qui augmente la probabilité d’une répression violente. Ensuite, l’annonce publique modifie l’équilibre des perceptions : les manifestants deviennent un prétexte pour une ingérence, et les civils se retrouvent pris entre deux puissances qui parlent la langue des armes. Enfin, cette posture révèle une contradiction morale ; la défense proclamée des citoyens sert d’alibi à des politiques extérieures souvent responsables de déstabilisations passées.
L’expérience historique sert de contre-exemple douloureux à l’affirmation selon laquelle l’intervention étrangère protège les civils. L’invasion de l’Irak a été présentée comme une libération, puis a plongé le pays dans le chaos, avec des civils pris dans la tourmente; l’intervention en Libye s’était annoncée comme une protection et a laissé un État fragmenté et meurtri. Ces deux comparaisons montrent le danger de confondre parole humanitaire et stratégie de puissance. Par ailleurs, une menace publique opère comme une carte blanche tacite pour l’escalade : les gouvernements qui se sentent acculés multiplient les mesures répressives, ce qui accentue le cycle de violence contre la société civile.
La menace de Trump incarne une hypocrisie chronique de certaines politiques extérieures qui se prétendent humanitaires mais se traduisent souvent par des interventions dont les premières victimes sont des civils. L’affirmation de pouvoir se poser en protecteur depuis l’extérieur nie la responsabilité des acteurs économiques et politiques qui alimentent les crises internes. En outre, la dramatisation médiatique d’une intervention possible favorise l’instrumentalisation des vies humaines comme monnaie d’échange diplomatique, alors que ce sont des familles et des quartiers qui paient le prix fort.
Des études d’ONG et des rapports indépendants ont documenté les conséquences à long terme des interventions armées sur la sécurité des populations et sur l’accès aux services essentiels. Les analyses montrent que la destruction d’infrastructures et la fragmentation institutionnelle aggravent la pauvreté et la vulnérabilité, conditions qui alimentent les nouvelles vagues de contestation. Les chiffres de réfugiés et les pertes civiles après des interventions passées offrent des données concrètes qui contredisent la promesse facile de protection par la force.
Le chroniqueur réaffirme que la rhétorique martiale, prononcée comme un slogan, est une menace pour la vie des civils et une forme d’hypocrisie politique. La véritable solidarité avec les peuples en mouvement passe par le soutien aux solutions économiques et institutionnelles, par la diplomatie patiente et par le respect de l’autonomie des sociétés concernées. Si le monde veut éviter d’autres catastrophes, il faudra cesser d’ériger la force en réponse automatique et commencer à mesurer les conséquences humaines avant d’agiter les armes.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Jean Diop.
Mis en ligne : 17/01/2026
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