Assemblée nationale : La promesse de rupture se heurte aux chiffres - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 18/01/2026 03:01:30

Assemblée nationale : La promesse de rupture se heurte aux chiffres

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Le député Mouramani Kaba Diakité a rendu publiques des allégations ciblant la gestion du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, évoquant des pratiques contraires aux principes annoncés par le nouveau régime. Le parlementaire accuse la présidence de l’institution d’un gonflement des effectifs, d’emplois fictifs et d’avantages coûteux pour le cabinet présidentiel, citant notamment une dotation mensuelle de 5 000 litres de carburant et un cuisinier payé par l’État. Ces faits posent des questions sur la cohérence entre paroles et actes.

Le signalement porte sur plusieurs éléments chiffrés et organisationnels de l’Assemblée nationale depuis la nouvelle législature. Diakité affirme que le cabinet présidentiel compte 67 agents, contre 47 lors de la précédente mandature, et dénonce des recrutements localisés à Linguère qui percevraient des salaires sans exercer au siège parlementaire. Il est aussi reproché à la direction un marché de véhicules de fonction pour lequel des indemnités auraient été prélevées sans livraison effective. Le débat s’inscrit dans un climat politique marqué par des promesses de rupture et de rationalisation des dépenses publiques.

Les données avancées décrivent une augmentation nette des ressources humaines et des dépenses opérationnelles au sein de l’Assemblée nationale. L’augmentation de vingt postes dans le cabinet équivaut à une hausse de près de 43 % par rapport à la législature précédente, selon les chiffres cités par le député. La mention d’emplois dits fictifs renvoie à un risque de duplication des charges budgétaires et à une possible inefficacité administrative. La question des 5 000 litres de carburant mensuels et du salaire d’1 million de francs CFA pour un cuisinier illustre un coût récurrent qui pèse sur le budget parlementaire.

Les éléments factuels retenus par Diakité suggèrent trois problèmes concrets. Premièrement, l’absence apparente de rationalisation des ressources publiques quand la gouvernance revendique l’économie des dépenses. Deuxièmement, l’opacité autour des marchés publics, portée par la critique selon laquelle il n’y aurait pas eu de vote pour valider l’acquisition des véhicules alors que des indemnités ont été retenues. Troisièmement, le traitement différencié allégué envers d’anciens élus de formations concurrentes, avec des dettes épongées pour certains au détriment d’autres, pose un risque d’inégalité de traitement dans l’utilisation des fonds publics.

La contradiction entre les engagements de rupture et les pratiques dénoncées est au cœur de l’analyse. Le contraste entre une promesse de moralisation et la réalité des recrutements et des dotations rappelle une crise d’image pour les responsables politiques. Comparé à la précédente législature, la hausse des effectifs et des avantages paraît incompatible avec une politique d’assainissement des finances publiques. Comparé aux standards attendus d’une institution réformée, ces pratiques accentuent la défiance des électeurs vis-à-vis de la crédibilité du nouveau régime.

Des audits similaires menés dans d’autres parlements africains montrent que l’augmentation non documentée des effectifs et les dépenses discrétionnaires accroissent le risque de gaspillage budgétaire et de clientélisme. Des exemples comparatifs indiquent que des réformes de règlement intérieur, notamment la réduction du mandat des présidents parlementaires, ont été utilisées ailleurs pour renforcer le contrôle et la transparence. Le député propose un audit complet et une réforme visant à limiter le mandat présidentiel à un an renouvelable afin de répondre à ces enjeux de gouvernance.

Les allégations formulées par le député mettent en lumière des pratiques chiffrées qui semblent contredire les promesses de rupture portées par le nouveau pouvoir. Entre l’augmentation des effectifs du cabinet, les présumés emplois fictifs, les dépenses de carburant et le coût d’avantages personnels, les faits sélectionnés décrivent une situation susceptible d’entamer la confiance des citoyens. Un audit public et une clarification des procédures d’achat et de recrutement apparaissent comme des étapes factuelles nécessaires pour rétablir la transparence et la crédibilité institutionnelle.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Amy D.
Mis en ligne : 18/01/2026

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