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Mamadou Oury Diallo accuse l’État et le Fonds monétaire international d’avoir camouflé une part significative de la dette publique sénégalaise, selon son intervention au Jury du dimanche d’iRadio. Ancien inspecteur du Trésor et ex-fonctionnaire international, il présente la situation comme une dissimulation volontaire plutôt que comme une simple négligence. Le propos frappe par sa fermeté et par la mise en cause conjointe des autorités nationales et des services du Fonds.
L’analyse s’appuie sur le rapport de la Cour des comptes qui a mis en lumière des pratiques de comptabilisation et de transparence jugées insuffisantes. Diallo rappelle que les programmes conclus avec le Fonds monétaire reposent sur des critères quantitatifs réguliers et que les montants en cause pèsent lourd dans l’économie nationale. Il situe la question au cœur des mécanismes de surveillance institutionnelle, en soulignant l’écart entre les obligations formelles et la réalité des chiffres publiés.
L’ancien inspecteur du Trésor insiste sur le caractère intentionnel de la dissimulation. Pour lui, il ne s’agit pas d’erreurs de saisie ou d’imprécisions techniques, mais d’un choix délibéré de sortir des opérations de la visibilité réglementaire. Il explique que le rapport de la Cour des comptes laisse apparaître des méthodes qui ont permis d’éluder la supervision habituelle, ce qui affaiblit la confiance dans les comptes publics et dans les dispositifs de suivi international.
Diallo approfondit en mettant en cause la responsabilité du Fonds monétaire, qu’il considère partiellement fautif. Il rappelle que les équipes du Fonds disposent d’outils de recoupement et de contrôle qui auraient dû détecter des écarts importants. À ses yeux, l’absence de détection de milliards de dollars traduit une défaillance technique et méthodologique des services concernés, et non seulement une lacune du côté des autorités sénégalaises.
L’argument selon lequel l’État aurait fourni des données peu fiables ne suffit pas, selon Diallo, pour disculper complètement les autres acteurs. Il affirme que des montants représentant une part importante du produit intérieur brut ne peuvent rester invisibles sans une inspection attentive. Il ajoute que des audits internes seraient en cours au sein du Fonds monétaire pour comprendre cette faiblesse, ce qui, pour lui, confirme la gravité de la situation et la nécessité d’un examen approfondi.
Sans introduire d’éléments nouveaux, Diallo appelle à une lecture rigoureuse du rapport de la Cour des comptes et à la mise en œuvre de procédures correctives. Il suggère que la transparence des états financiers et la précision des échanges d’informations entre l’État et les institutions internationales doivent être renforcées. Il insiste aussi sur le fait que la confiance des partenaires financiers dépend d’une clarification rapide et d’un rétablissement des mécanismes de contrôle.
Mamadou Oury Diallo conserve une position ferme : la dette a été cachée, avec intention, et le Fonds monétaire partage une part de responsabilité pour ne pas avoir détecté l’anomalie. Son propos appelle à une réaction institutionnelle, à des audits et à des procédures de transparence renforcées afin de restaurer la crédibilité des comptes publics. Le message final est direct : sans clarification et sans réforme des mécanismes de surveillance, la confiance publique et internationale risque de rester fragilisée.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Guissé.
Mis en ligne : 21/01/2026
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