Chute des exportations : Un avertissement pour l’économie nationale - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 22/01/2026 08:01:00

Chute des exportations : Un avertissement pour l’économie nationale

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La dégringolade des recettes d’exportation en novembre sonne comme un avertissement, non comme un simple accident de parcours. Le pays voit s’effondrer ses ventes de pétrole et d’or, tandis que la réaction officielle demeure étrangement silencieuse. Le constat est sévère : cette chute révèle une dépendance dangereuse à quelques matières premières, mettant en péril la croissance et menaçant des emplois. La position est claire et sans concession : continuer à miser sur un nombre réduit de ressources, c’est accepter une économie fragile, volatile et profondément injuste pour les travailleurs.

Les chiffres de novembre sont brutaux : les exportations ont chuté de plus de moitié par rapport au mois précédent, plombées par le recul massif des hydrocarbures et des ventes d’or non monétaire. Les phosphates et quelques engrais ont tenté d’amortir le choc, sans succès. Sur onze mois, le solde commercial reste déficitaire malgré une légère amélioration par rapport à l’année précédente, mais la volatilité mensuelle illustre une trajectoire macroéconomique instable. Si cette stratégie ne change pas, les ménages et les petites entreprises en ressentiront rapidement l’impact.

La surprise devrait laisser place à une colère civique : une économie concentrée sur deux ou trois produits fonctionne comme une maison sur pilotis face à la mer agitée. La chute des ventes de pétrole — près de cent soixante-dix milliards de FCFA en moins en un mois — n’est pas seulement un chiffre comptable, c’est un signal politique. La fragilité tient à deux faiblesses : une diversification productive insuffisante et l’absence de dispositif de stabilisation des revenus d’exportation. Quand les recettes pétrolières s’amenuisent, les revenus fiscaux diminuent, les investissements publics se contractent et les emplois liés aux chaînes de valeur locales deviennent vulnérables. L’or, autre pilier volatil, suit la même pente, révélant une stratégie de court terme.

Le risque pour l’emploi est évident. Les secteurs extractifs peuvent générer des postes, mais ils restent cycliques, peu intégrés et très sensibles aux cours mondiaux. Une baisse rapide des exportations provoque des licenciements temporaires, puis permanents, dans la logistique, le raffinage, le transport et les services auxiliaires. La croissance, elle, sera freinée par la réduction des marges de manœuvre budgétaires : l’État disposera de moins de ressources pour soutenir l’investissement public dans l’éducation ou les infrastructures. Comparer la situation à un marché dépendant d’un seul client ou à une filière agricole soumise à une mauvaise saison illustre le danger : la diversité protège, la concentration expose. Le silence institutionnel aggrave encore la situation : l’absence d’explications publiques crédibles sur la baisse des ventes pétrolières nourrit la défiance.

Cette dépendance à quelques produits n’est pas une fatalité naturelle, mais le résultat de choix politiques et économiques prolongés. Les décisions d’investissement favorisant l’exportation de matières brutes plutôt que leur transformation locale ont transformé des richesses potentielles en revenus instables. Quand l’industrie locale reste insuffisamment développée, les emplois créés sont rares et souvent qualifiés à l’étranger, laissant la main-d’œuvre nationale subir les aléas des marchés. L’exemple des phosphates montre qu’un produit secondaire peut gagner en visibilité, mais il ne peut compenser l’effondrement d’un pilier.

Les chiffres rendent l’argument tangible : une chute de 53 % des exportations mensuelles n’est pas ordinaire. Sur le plan budgétaire, cette décroissance exerce une pression sur le déficit et la monnaie nationale, avec un risque de hausse des prix à la consommation, affectant surtout les ménages modestes. Les pays voisins qui ont misé sur la transformation agro-industrielle et la diversification des marchés ont mieux absorbé les chocs sur les matières premières. Une comparaison utile montre qu’un État avec un panier d’exportation large protège mieux l’emploi local. À l’échelle nationale, la différence est également nette : les zones urbaines reliées aux services financiers résistent mieux, tandis que les zones rurales dépendantes des activités extractives s’appauvrissent plus vite lorsque les exportations chutent.

La situation appelle à une prise de conscience ferme : persister dans l’économie de rente, c’est accepter une croissance fragile et des destructions d’emplois répétées. La chute des ventes de pétrole et d’or est le symptôme d’un malaise structurel qui exige des choix courageux. L’État et les acteurs économiques doivent abandonner les postures et engager une stratégie ambitieuse de diversification, d’industrialisation et de renforcement des chaînes de valeur locales. Sinon, les mêmes chiffres reviendront, plus rapidement et plus fort, et ce seront les travailleurs et les petites entreprises qui en paieront le prix.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Samba.
Mis en ligne : 22/01/20
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