Eurobonds sénégalais : Une remontée fragile sous perfusion extérieure - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 23/01/2026 08:01:00

Eurobonds sénégalais : Une remontée fragile sous perfusion extérieure

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La timide remontée des Eurobonds sénégalais au début de l’année ressemble davantage à une lumière vacillante qu’à un feu durable. L’auteur adopte une position critique : ce rebond repose surtout sur des promesses extérieures et sur l’espoir d’un nouvel accord avec le Fonds monétaire international, transformant la confiance en une construction fragile. Le léger retournement du marché international n’efface pas les failles structurelles du financement public, et la tentation de célébrer un gain spéculatif suscite plus de méfiance que d’optimisme.

Le titre souverain sénégalais arrivé à échéance en 2028 a repris de la valeur après plusieurs semaines de baisse, retrouvant environ 71 % de sa valeur faciale après un point bas à 67 %. Les autorités ont multiplié les garanties sur la conclusion imminente d’un accord avec le FMI, et l’État a réussi un emprunt obligataire qui a rassuré certains créanciers. Les marchés, sensibles à ces signaux, ont réagi favorablement. Pourtant, cette embellie se déroule dans un contexte mondial tendu et sur fond d’ajustements douloureux récents.

Le rebond est surtout psychologique et dépend d’engagements conditionnels. La promesse d’un accord avec le FMI agit comme une caution morale plutôt qu’une certitude budgétaire. Lorsque le marché retrouve confiance grâce à la supervision d’un organisme international, la dette souveraine reste pourtant vulnérable aux chocs externes. La réussite d’un emprunt ponctuel ne garantit pas la solidité d’une stratégie de gestion de la dette. Le pays peut se retrouver dans une logique d’assistance répétée, où chaque amélioration repose sur une nouvelle promesse extérieure plutôt que sur des réformes structurelles et des recettes durables.

L’auteur avance trois critiques principales. D’abord, le recours aux signaux du FMI rend la confiance volatile : si l’accord tarde ou si ses conditions sont jugées insuffisantes, les investisseurs se retireront. Ensuite, un emprunt réussi ne corrige pas les déséquilibres structurels des finances publiques et peut renforcer la dépendance à la dette extérieure. Enfin, la communication politique peut prendre le pas sur la réforme, exposant le Trésor à de nouveaux coûts lorsque la confiance se fissure. Une comparaison s’impose : comme un bateau rafistolé sur une mer démontée, la stabilité affichée peut céder au premier gros coup de vent. S’appuyer sur des promesses extérieures, c’est construire sur du sable plutôt que sur de la pierre.

La remontée des Eurobonds apparaît donc comme un phénomène artificiel, soutenu par des assurances internationales plutôt que par une amélioration réelle de l’économie. Quand les marchés applaudissent un accord annoncé avec le FMI, ils misent sur une discipline future, non sur une victoire présente. Cette dépendance entraîne deux risques majeurs : un endettement accru si l’aide implique de nouveaux emprunts, et une confiance artificielle si le marché retire sa foi au premier signe de retard ou de conflit politique. Les autorités risquent d’instaurer une pratique où chaque embellie dépend d’une validation extérieure, affaiblissant la souveraineté budgétaire et la crédibilité à long terme.

Les chiffres montrent que les primes de risque sur les titres des pays émergents restent sensibles au calendrier des négociations internationales. L’expérience d’autres pays africains illustre la tentation des gouvernements à repousser des réformes fiscales impopulaires, entraînant des retours de volatilité sur les marchés. Comme le résume bien cette citation : « La confiance qui repose sur une promesse peut s’évaporer plus vite que l’on ne croit. » Des comparaisons révèlent des leçons claires : les pays qui ont consolidé leurs recettes intérieures et amélioré la transparence budgétaire ont réduit durablement leurs coûts d’emprunt, tandis que ceux qui ont privilégié le recours externe ont connu des cycles de reprise et de crise.

L’embellie des Eurobonds ne doit pas masquer la fragilité de la situation. L’auteur réaffirme sa critique : s’appuyer principalement sur les promesses du FMI et sur des opérations ponctuelles transforme la confiance en un instrument volatil et coûteux. Le Sénégal mérite une stratégie de long terme fondée sur des recettes stables, une maîtrise réelle des dépenses et une transparence durable, afin que la confiance devienne une flamme entretenue plutôt qu’un feu de paille. Seule une telle orientation permettra de substituer la réassurance provisoire à une crédibilité capable de résister aux tempêtes.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mor Gueye.
Mis en ligne : 22/01/20
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