Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Le président Donald Trump a signé, le 9 janvier 2026, un décret d’urgence visant à placer sous une protection spéciale les revenus pétroliers vénézuéliens détenus sur le sol américain afin d’empêcher leur saisie par des tribunaux ou par des créanciers. La Maison Blanche a présenté ce texte comme destiné à « promouvoir les objectifs de la politique étrangère des États-Unis », en précisant que la mesure cible des avoirs liés au secteur pétrolier vénézuélien. La signature intervient au lendemain d’une réunion tenue à la Maison Blanche avec des dirigeants de compagnies pétrolières américaines, ce qui situe l’action dans un contexte politique et économique très précis.
Depuis 2019, les États-Unis ont pris des sanctions économiques et financières contre le gouvernement vénézuélien et contre des entreprises publiques liées au secteur pétrolier, en ciblant des recettes et des actifs pour faire pression sur Caracas. Des sociétés et des créanciers internationaux ont engagé des actions en justice pour tenter de saisir des avoirs vénézuéliens disponibles aux États-Unis, y compris des revenus issus de contrats pétroliers et des dividendes perçus sur des filiales. L’administration américaine a auparavant reconnu des représentants de l’opposition pour contrôler certains comptes et biens, générant des contentieux juridiques complexes entre créanciers, entreprises privées et organes gouvernementaux. Les pouvoirs invoqués dans le décret s’appuient sur la législation d’urgence nationale qui autorise le président à restreindre ou à protéger certains flux financiers en matière de sécurité ou de politique étrangère.
Le décret crée une protection administrative susceptible d’interrompre des procédures judiciaires en cours ou prévues pour la saisie d’avoirs liés au pétrole vénézuélien. Concrètement, les fonds considérés comme « protégés » pourront faire l’objet de restrictions contre les actions d’exécution ordinaires, y compris les injonctions et les saisies résultant de jugements civils. La mesure repose sur des mécanismes exécutifs, non législatifs, ce qui permet d’agir rapidement mais limite le contrôle parlementaire et judiciaire sur ces décisions. Les textes d’urgence confèrent au président des prérogatives larges qui ont déjà suscité des contestations devant les tribunaux dans d’autres dossiers, lorsque des intérêts privés cherchaient à faire reconnaître des créances contre des États étrangers.
La sélection des faits disponibles met en évidence plusieurs risques documentés. Premièrement, la protection administrative fragilise le droit des créanciers et des plaignants à faire valoir des jugements obtenus devant des tribunaux civils, en rendant incertaine l’exécution effective des décisions judiciaires. Deuxièmement, l’usage des pouvoirs d’urgence pour sécuriser des revenus pétroliers favorise une opération qui peut bénéficier à des acteurs privés du secteur énergétique, notamment lorsque la décision intervient après des rencontres entre responsables politiques et dirigeants de compagnies pétrolières. Troisièmement, la mise à l’abri d’actifs étrangers sans procédure législative détaillée crée un précédent pour d’autres interventions exécutives similaires, ce qui a déjà été dénoncé comme une source de fragilisation du cadre démocratique par des experts juridiques et économiques. Enfin, la préservation d’avoirs étatiques étrangers dans un pays tiers peut entretenir des conflits internationaux et compli
Le portrait construit par ce décret donne l’apparence d’un président jouant le rôle de protecteur des revenus vénézuéliens, en présentant la mesure comme une action visant à maintenir des ressources pour des finalités diplomatiques. Les éléments factuels choisis laissent toutefois entrevoir une autre lecture : la coïncidence temporelle entre la signature et la rencontre avec des responsables de l’industrie pétrolière, l’absence d’un débat législatif préalable et le recours à des pouvoirs d’urgence cadrent une mise en scène où la protection affirmée recouvre des intérêts économiques précis. La décision protège des flux monétaires stratégiques tout en soustrayant ces mêmes flux au contrôle judiciaire habituel, ce qui transforme une politique étrangère affichée en instrument susceptible d’avantager des partenaires commerciaux ou des créanciers choisis.
Des précédents législatifs et judiciaires éclairent la portée du décret. La jurisprudence américaine contient des affaires où des créanciers étrangers ont cherché à exécuter des jugements sur des biens associés à des États, et où l’exécutif a opposé des objections pour des motifs de politique étrangère. Des études économiques montrent que la sûreté juridique des créanciers influence les coûts d’emprunt souverain et la confiance des investisseurs, tandis que des analyses politiques soulignent que l’emploi répété d’états d’urgence accroît le risque d’érosion des contre-pouvoirs institutionnels. Comparé à des décisions antérieures prises par d’autres administrations, l’acte de janvier 2026 se distingue par sa focalisation sectorielle sur les revenus pétroliers et par son calendrier politique.
Les éléments factuels autour du décret signé par Donald Trump dessinent un dispositif qui protège des revenus pétroliers vénézuéliens sur le territoire américain en bloquant des saisies judiciaires et des actions de créanciers. Cette protection s’appuie sur des pouvoirs d’urgence et s’inscrit dans un contexte de sanctions et de contentieux internationaux anciens. Les conséquences mesurables incluent une remise en cause potentielle de l’exécution des jugements civils, un avantage possible pour des acteurs privés du secteur énergétique et un précédent pour d’autres usages exécutifs similaires. Les données et les antécédents juridiques rendent visible le dilemme entre une politique étrangère affichée et des effets institutionnels et économiques qui posent des risques documentés pour la transparence et l’état de droit.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Martin K.
Mis en ligne : 26/01/2025
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





