Surproduction d’arachide : Le Sénégal se positionne sur le marché chinois - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Agriculture | Par Eva | Publié le 27/01/2026 12:01:30

Surproduction d’arachide : Le Sénégal se positionne sur le marché chinois

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Le gouvernement sénégalais a autorisé l’exportation d’une partie de la récolte d’arachide pour répondre à une campagne de récolte exceptionnelle qui dépasse largement les prévisions. La mesure concerne entre 300 000 et 450 000 tonnes de graines, alors que la production nationale est estimée à plus de 900 000 tonnes. L’État a enlevé la taxe d’exportation de 4 % et ordonné des mesures de contrôle pour garantir la qualité, la traçabilité et le rapatriement des devises.

La filière arachidière occupe une place historique dans l’économie du pays et dans la vie des zones rurales. Cette année, la récolte a dépassé les anticipations, créant un besoin rapide de débouchés commerciaux pour éviter l’accumulation de stocks et la chute des prix locaux. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, a précisé que les exportations seraient autorisées vers la Chine et d’autres marchés étrangers, avec l’appui des douanes et des institutions financières. La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS) s’est engagée à acheter entre 250 000 et 450 000 tonnes aux producteurs et aux commerçants.

L’ouverture partielle à l’exportation modifie les flux commerciaux de la filière en offrant des débouchés immédiats pour des volumes importants. La suppression de la taxe de 4 % réduit le coût d’accès aux marchés internationaux et améliore la compétitivité des prix sénégalais. Les contrôles douaniers et les exigences de traçabilité organisent le processus d’exportation afin d’éviter les pertes de qualité et de sécuriser le rapatriement des devises, ce qui est crucial pour la balance commerciale. La garantie d’achats par SONACOS apporte une sécurité de marché qui complète l’ouverture à l’exportation.

L’autorisation crée des opportunités de revenus supplémentaires pour les producteurs qui pourront vendre des volumes plus importants à des prix potentiellement plus favorables sur les marchés internationaux, ce qui renforce le pouvoir d’achat rural. Les exportateurs bénéficient d’un environnement fiscal allégé et d’un accompagnement administratif, conditions favorables pour développer des contrats à l’export et des relations commerciales durables. Au niveau macroéconomique, l’arrivée de devises étrangères provenant des exportations contribue à la résilience des réserves nationales et soutient la croissance des revenus publics. Des transactions bien encadrées réduisent aussi le risque de spéculation locale et d’engorgement des centres de collecte.

En autorisant l’exportation d’une partie de la récolte, l’État ouvre des voies complémentaires de valorisation pour la production nationale, avec des effets directs sur la chaîne de valeur. La mesure favorise l’intégration des producteurs dans des circuits plus rémunérateurs, encourage les exportateurs à intensifier leurs démarches vers des marchés comme la Chine, et permet à l’économie nationale de capter davantage de devises. Habib Diaw, président de la Confédération des opérateurs privés de la filière arachidière, a indiqué que les exportations pourraient démarrer dès la semaine suivante, en respectant les prix fixés par l’État.

Des comparaisons avec des campagnes précédentes montrent que la production actuelle est presque deux fois supérieure aux estimations initiales, créant un stress logistique comparable à celui observé lors de pics de production dans d’autres pays exportateurs d’oléagineux. Les échanges avec l’ambassade sénégalaise en Chine mettent en évidence une demande prête à absorber des volumes sénégalais si les critères de qualité et de traçabilité sont respectés. Les interventions douanières et le rôle de SONACOS rappellent des mécanismes déjà utilisés lors d’autres filières agricoles pour stabiliser les prix et fluidifier les exportations.

La décision d’autoriser l’exportation d’une partie de la récolte d’arachide combine mesures fiscales, dispositifs de contrôle et achats institutionnels pour transformer un excédent de production en opportunité économique. Les producteurs disposent d’un débouché supplémentaire, les exportateurs peuvent consolider des relations internationales, et l’État augmente ses perspectives de recettes en devises. Si les procédures de qualité et de rapatriement sont appliquées, l’opération devrait contribuer à améliorer les revenus agricoles et à renforcer la position du Sénégal sur les marchés mondiaux.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Khadidiatou Faye.
Mis en ligne : 27/01/2026

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