Dénigrer son pays à l’étranger : Jusqu’où ira Ousmane Sonko ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 01/02/2026 03:02:40

Dénigrer son pays à l’étranger : Jusqu’où ira Ousmane Sonko ?

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Un article récent rapporte les vives réactions de Papa Djibril Fall, député et président des « Serviteurs », face aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko sur la justice sénégalaise, tenues depuis le Maroc. Fall qualifie ces propos de « calamité » et s’indigne qu’un chef de gouvernement dénigre son propre pays à l’étranger. Cette indignation est légitime : elle révèle un manquement grave au devoir patriotique et à la responsabilité institutionnelle. En tant que Premier ministre, Sonko a le devoir de préserver l’honneur et la crédibilité de l’État, même — et surtout — lorsqu’il s’exprime hors des frontières nationales.

Ousmane Sonko, en visite officielle au Maroc, a profité d’une rencontre avec la diaspora sénégalaise pour s’en prendre à la justice de son pays, dénonçant l’existence d’un « clergé » responsable, selon lui, de tous les maux du Sénégal. Ces déclarations, rapportées par Seneweb, interviennent dans un contexte déjà tendu, marqué par les suites de la finale de la CAN 2025 et les tensions entre supporters sénégalais et marocains. Pourtant, Sonko était censé incarner l’apaisement et la diplomatie, comme il l’avait lui-même affirmé quelques jours plus tôt, appelant à « dépassionner » les débats et à renforcer les liens entre les deux nations.

Les propos de Sonko ne sont pas anodins. En accusant publiquement et nommément des magistrats sénégalais, il ne se contente pas d’exercer son droit à la critique : il sapent la confiance des citoyens dans leurs institutions et offre une image dévalorisante du Sénégal à l’international. Pire, il le fait sur un territoire étranger, où chaque mot d’un dirigeant est scruté et interprété. La justice, pilier de l’État de droit, mérite des réformes, mais celles-ci doivent être portées dans le cadre institutionnel, avec mesure et respect. Dénigrer son pays à l’étranger, c’est affaiblir la cohésion nationale et donner des arguments à ceux qui doutent de la stabilité du Sénégal.

Premièrement, un Premier ministre se doit d’être un rassembleur, pas un diviseur. Ses déclarations, loin de proposer des solutions, alimentent la polarisation et discréditent l’ensemble du système judiciaire, y compris les magistrats intègres. Deuxièmement, la critique politique, surtout lorsqu’elle vise des institutions aussi sensibles que la justice, doit être constructive et respectueuse. En agissant ainsi, Sonko banalise la défiance envers l’État et encourage une culture du mépris qui ne sert ni la démocratie ni le développement. Enfin, sur la scène internationale, de tels propos risquent de décourager les investisseurs et les partenaires, déjà inquiets de la situation économique et sociale du pays.

On peut comparer cette attitude à celle d’autres dirigeants africains qui, malgré des tensions internes, ont toujours veillé à préserver l’image de leur pays à l’étranger. Par exemple, lors de crises similaires, des chefs d’État comme le Ghanéen Nana Akufo-Addo ou le Rwandais Paul Kagame ont su allier fermeté et prudence, évitant de laver leur linge sale en public. À l’inverse, les sorties intempestives de Sonko rappellent les erreurs du passé, où des dirigeants ont fragilisé leur pays par des déclarations imprudentes.

La réaction de Papa Djibril Fall est un rappel salutaire : la fonction de Premier ministre impose une exigence de responsabilité et de retenue. Dénigrer son pays depuis l’étranger n’est pas un acte de courage, mais une faute politique et morale. Pour le bien du Sénégal, Ousmane Sonko ferait mieux de recentrer ses efforts sur des réformes concrètes, plutôt que de semer la discorde. La crédibilité de l’État et l’unité nationale en dépendent.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mor Thiam.
Mis en ligne : 01/02/202
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