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La proposition de Fou Malade d’organiser un battle entre Ngaka Blindé et Dip Doundou Guiss, doté d’un pactole de 800 millions FCFA, a fait l’effet d’une onde de choc dans le paysage culturel sénégalais. Cette initiative, aussi audacieuse qu’inspirante, ne se contente pas de promettre un spectacle inoubliable : elle dessine les contours d’une nouvelle ère pour le rap sénégalais, transformant une rivalité artistique en levier de développement économique et de rayonnement international.
Nous saluons ici une vision qui, en s’inspirant du modèle lucratif de la lutte sénégalaise, pourrait bien révolutionner la place de la musique urbaine dans l’économie nationale.
Le rap sénégalais, né il y a plus de trente ans, a toujours été un miroir des aspirations et des combats de la jeunesse. Porté par des figures emblématiques comme Ngaka Blindé et Dip Doundou Guiss, il a su conquérir un public fidèle et diversifié, tout en peinant à se structurer en une industrie pérenne. Pourtant, les exemples ne manquent pas : la lutte sénégalaise, autrefois simple pratique traditionnelle, est devenue un secteur économique florissant, générant emplois, sponsoring, et retombées médiatiques majeures. Selon des études récentes, ce sport draine des millions de francs CFA chaque année, grâce à la billetterie, les droits télévisuels et les paris sportifs, tout en renforçant le patrimoine culturel du pays. Pourquoi le rap, qui partage avec la lutte cette capacité à fédérer et à passionner, ne pourrait-il pas emprunter la même voie ?
Fou Malade ne se contente pas de rêver : il propose un modèle concret. En suggérant un cachet de 400 millions FCFA pour chaque artiste, il place la barre haut, mais pas hors de portée. Le Sénégal dispose en effet d’un tissu économique dynamique, avec des entreprises prospères et un ministère de la Culture en quête de projets fédérateurs. L’idée de mobiliser ces acteurs autour d’un événement d’envergure n’est pas utopique, mais réaliste. D’autant que le public est déjà au rendez-vous : les confrontations entre Ngaka Blindé et Dip Doundou Guiss attirent des centaines de milliers de vues en quelques heures, preuve d’un engouement populaire qui dépasse largement les frontières du pays.
Premièrement, un tel battle créerait une dynamique inédite de professionnalisation. Les artistes, souvent contraints de cumuler plusieurs activités pour vivre de leur passion, pourraient enfin envisager une carrière stable, à l’image des lutteurs sénégalais devenus de véritables entrepreneurs. Deuxièmement, l’événement attirerait l’attention des investisseurs et des médias internationaux, positionnant le Sénégal comme une plaque tournante de la culture hip-hop en Afrique. Enfin, il offrirait une vitrine exceptionnelle pour les talents locaux, tout en inspirant une nouvelle génération d’artistes à se former et à innover.
D’autres pays africains ont déjà transformé leurs scènes musicales en industries lucratives. En Côte d’Ivoire, des concerts monstres sont organisés dans des stades, drainant des foules immenses et des revenus colossaux. Au Maroc ou au Mali, des festivals dédiés au rap et aux cultures urbaines prouvent que la musique peut être un vecteur de développement touristique et économique. Le Sénégal, avec son héritage culturel riche et sa créativité débordante, a toutes les cartes en main pour réussir ce pari.
La proposition de Fou Malade est bien plus qu’un coup de projecteur sur deux rappeurs : c’est une invitation à repenser la place de la culture dans l’économie sénégalaise. En transformant une rivalité en opportunité, en mobilisant les acteurs publics et privés, le pays pourrait non seulement valoriser ses talents, mais aussi créer une industrie culturelle structurée, compétitive et porteuse d’emplois. Le rap sénégalais a le potentiel pour devenir bien plus qu’un art : un véritable pilier du développement national. Il est temps de passer des mots aux actes, et de faire de cette ambition une réalité.
Cette initiative pourrait-elle s’étendre à d’autres disciplines artistiques ? Comment impliquer davantage les jeunes dans la construction de cette nouvelle industrie ? La discussion est ouverte.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 01/02/2026
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