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Le Front pour la République (FDR) a publié un communiqué le 3 février accusant le gouvernement de ne pas avoir promulgué le décret fixant la date des élections municipales et départementales, et de violer le code électoral qui impose la révision ordinaire des listes du 1er février au 31 juillet. Le FDR évoque en outre la remise de la confection des cartes d’identité et des passeports à la Caisse de Dépôts et de Consignation, ce qui soulèverait un risque de contrôle du fichier électoral par PASTEF.
Je pense que ce silence administratif n’est pas un simple retard bureaucratique mais une forfaiture politique qui fragilise la démocratie locale et mine la confiance des citoyens. Le vide juridique crée de l’incertitude pour les partis, pour les électeurs et pour les organes de gestion des scrutins, et j’estime que cette manière de procéder compromet la sincérité des prochains rendez-vous électoraux.
La révision annuelle des listes électorales devait commencer le 1er février, selon le code électoral, et le décret n’a pas été rendu public à la date évoquée par le FDR, laissant les acteurs politiques sans calendrier officiel pour préparer les scrutins locaux.
Le premier tour de la forfaiture tient dans la violation du calendrier légal. Quand l’exécutif omet de publier le décret, il suspend de fait la transparence entourant la révision des listes électorales. Les administrations locales perdent des repères; les mairies et les préfectures ne peuvent pas organiser les opérations de mise à jour, et les partis politiques sont privés d’accès formel au fichier électoral. J’observe que la loi a été écrite pour prévenir exactement ce type d’arbitraire. Le retard transforme une procédure technique en instrument d’appropriation de l’espace politique.
Le deuxième tour concerne la confiance du public. La rumeur selon laquelle la Caisse de Dépôts et de Consignation ou une de ses filiales prendrait en charge l’impression des cartes d’identité et des cartes d’électeur crée un mélange dangereux entre gestion administrative et enjeux partisan. Si l’on confie la tenue du fichier à des structures susceptibles d’être instrumentalisées, l’électeur se retrouve face à un doute légitime: son inscription, sa carte, son droit de vote sont-ils protégés? La démocratie locale ne survit pas au doute généralisé; elle s’affaiblit.
Je relève aussi un risque juridique et opérationnel. Sans décret, aucune révision exceptionnelle ne peut être formellement lancée, et aucune mise à disposition officielle du fichier aux partis n’est possible sans violer les règles. Les contestations qui suivront s’annoncent multiples et longues, et elles détourneront l’attention des enjeux locaux vers des batailles procédurières. Le vintage d’une démocratie participative vacille quand les règles du jeu ne sont ni claires ni respectées.
L’arbitraire administratif équivaut à une atteinte à la souveraineté citoyenne. Un retard planifié ou toléré équivaut à un avantage offert à celui qui contrôle l’accès aux outils d’identification et de vote. Je compare cette situation à des précédents où des calendriers électoraux manipulés ont permis des recompositions politiques par basculement administratif; le résultat est la désillusion populaire. Je compare aussi la confiance électorale à un capital fragile qui se ronge dès que la transparence se dérobe.
Des exemples concrets le confirment: dans des pays où les fichiers sont centralisés sans garanties indépendantes, les fraudes matérielles et les contestations juridiques ont proliféré, et les citoyens ont fini par se désengager. Ici, la simple absence du décret ouvre la porte à des scénarios similaires. Les exigences du FDR — publication du décret, accès des partis au fichier, sécurité des cartes — ne sont pas des caprices mais des garde-fous indispensables.
Des audits indépendants et la mise en place d’organismes de contrôle technique pourraient restaurer la crédibilité du processus électoral. La transparence sur le choix du prestataire pour l’impression des cartes et la mise en place d’un calendrier public et détaillé permettraient de limiter les soupçons. Les textes électoraux prévoient des mécanismes que l’exécutif a le devoir d’appliquer sans délai.
Je refuse d’admettre que la démocratie locale puisse être tenue en otage par un silence administratif. Le retard du décret n’est pas neutre; il fragilise les institutions, il affaiblit la participation et il nourrit la défiance légitime des électeurs. Si le gouvernement veut restaurer la confiance, il doit publier immédiatement les actes requis et garantir une gestion indépendante du fichier électoral. Sans actes visibles et rapides, la parole publique restera discréditée et les prochains scrutins perdront de leur légitimité aux yeux des citoyens.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Papis Fall.
Mis en ligne : 05/02/2026
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