Femafoot en crise : La FIFA et la CAF complices par inertie ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Eva | Publié le 10/02/2026 02:02:00

Femafoot en crise : La FIFA et la CAF complices par inertie ?

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Le 9 janvier 2026, treize membres du comité exécutif de la Fédération malienne de football (Femafoot) ont présenté leur démission collective, provoquant la chute de Mamoutou Touré dit Bavieux, puis son incarcération pour soupçons de détournement de fonds et sa remise en liberté en avril 2025. La FIFA et la CAF ont pris acte de ces démissions et demandé la convocation d’une assemblée générale élective supervisée par leurs représentants, avec Sidi Magassa chargé des affaires courantes.

Je trouve scandaleuse la lenteur de cette réaction conjointe. J’ai du mal à croire au hasard quand des institutions internationales ferment les yeux pendant des mois, puis apparaissent pour organiser la scène juste après l’effondrement du pouvoir local. Cette inertie ressemble moins à une neutralité bienveillante qu’à une complicité silencieuse qui a nourri l’impunité.

La crise intervient après des désaccords internes sur la gestion et l’absence de réformes, et après la prestation médiocre de l’équipe nationale à la CAN 2025, éliminée en quarts de finale contre le Sénégal.

Je veux dénoncer une double faute: d’abord la tolérance prolongée, ensuite la mise en scène institutionnelle. La FIFA et la CAF disposent de moyens d’audit, de supervision et d’intervention préventive. Elles ont des antennes, des règles d’éthique, des procédures d’alerte. Quand un président de fédération est soupçonné de détournement de fonds publics et qu’il conserve un siège au conseil de la FIFA, il ne s’agit pas d’une maladresse administrative mais d’un choix politique. Leur silence a permis au système de s’enraciner.

Les faits le montrent: des démissions massives surviennent après des années de signaux faibles ignorés, et l’intervention extérieure arrive quand le scandale devient public et inévitable. Cette chronologie rappelle la façon dont certaines institutions financières ferment leur porte jusqu’à ce que le bruit médiatique les force à bouger. C’est la même mécanique: attendre que le vase casse pour balayer les morceaux en public.

Je conteste l’idée que la supervision annoncée suffira à modifier la culture de la Femafoot. Nommer Sidi Magassa pour gérer les affaires courantes et organiser une élection supervisée reste une solution formelle si elle n’est pas accompagnée d’enquêtes indépendantes, de transparence comptable et de sanctions réelles. Il faut des audits publics, la publication des comptes, l’exclusion temporaire des acteurs impliqués dans des malversations et la mise en place d’un calendrier de réformes contraignant. Sans cela, l’élection ne sera qu’un recyclage des mêmes réseaux.

Les comparaisons s’imposent: quand une entreprise corrompue change de PDG sans réforme des contrôles, la corruption survit. Quand une équipe nationale change d’entraîneur sans revoir sa fédération, la performance reste médiocre. Il en va de même pour le football malien: remplacer des visages sans purger les pratiques c’est nourrir la récidive.

Je refuse l’angélisme qui consiste à croire que la présence des représentants de la FIFA et de la CAF est une garantie automatique. Leur rôle aurait dû être d’empêcher la montée en puissance de ce système, pas de légitimer après coup une sortie de crise improvisée. La responsabilité morale et institutionnelle pèse sur ces instances qui ont toléré l’ambiguïté.

Je demande que l’on cesse de feindre la surprise et que l’on impose des actes. La convocation d’une assemblée générale supervisée est une étape, mais elle doit s’accompagner d’un audit public, d’une enquête judiciaire indépendante et d’une mise à l’écart provisoire des personnes suspectées. J’exige plus que des déclarations: des comptes rendus détaillés, des sanctions visibles et des garanties de changement. Sans cela, la FIFA et la CAF resteront complices par omission, et le football malien paiera encore longtemps les conséquences de ce laxisme.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ousmane G.
Mis en ligne : 10/02/202
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