Frappes sur le réseau électrique : La guerre moderne contre les populations - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 10/02/2026 01:02:10

Frappes sur le réseau électrique : La guerre moderne contre les populations

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Le 7 février au matin, la compagnie nationale Ukrenergo a signalé une attaque massive contre le réseau électrique ukrainien, provoquant des coupures d’électricité dans la plupart des régions, y compris à Kiev, avec des températures qui devaient tomber jusqu’à -20°C. Les autorités ukrainiennes accusent la Russie d’avoir visé les infrastructures énergétiques dans le cadre d’une campagne de frappes répétées depuis 2022.

Je considère cette offensive comme une attaque délibérée contre des civils et non simplement contre des installations militaires. Voir des hôpitaux, des immeubles d’habitation et des quartiers entiers privés de chauffage quand le thermomètre plonge hors de la fenêtre met à nu un échec des protections humanitaires et des réponses internationales trop timides. La violence stratégique sur les réseaux électriques transforme la population en cible secondaire et la rend capturable par le froid.

Les bombardements viennent au lendemain d’incidents sur le sol russe et alors que des discussions de médiation ont eu lieu à Abou Dhabi, avec l’annonce d’un prochain rendez-vous américain; les pourparlers n’ont pas empêché la reprise des frappes.

Attaquer l’électricité en plein hiver n’est pas une erreur tactique, c’est une méthode qui repose sur un calcul cynique: priver des civils de chauffage pour infliger souffrance et pression politique. J’ai vu des reportages montrant des familles rassemblées autour de poêles de fortune et des équipes médicales réduites à improviser des solutions dans l’obscurité. L’impact sanitaire est immédiat: hypothermies chez des personnes âgées, aggravation des maladies chroniques, interruption des soins dans des établissements dépendant d’un réseau stable. C’est la victoire d’une stratégie qui confond cible militaire et population civile.

Sur le plan du droit international, la destruction volontaire d’infrastructures civiles est condamnable quand elle n’apporte pas d’avantage militaire direct et quand elle provoque des souffrances disproportionnées. J’observe que les mécanismes de protection, qu’ils soient juridiques, diplomatiques ou opérationnels, sont insuffisants pour dissuader ce type d’action. Les sanctions économiques, les condamnations verbales et les enquêtes postérieures ne protègent pas le citoyen qui gèle chez lui aujourd’hui.

L’échec humanitaire s’exprime aussi dans la logistique: le manque de stocks de générateurs, l’insuffisance des centres d’accueil chauffés et la fragilité des chaînes d’approvisionnement pour l’énergie d’appoint montrent que la communauté internationale n’a pas adapté ses moyens à la réalité des attaques sur les infrastructures. J’entends souvent la justification selon laquelle aider massivement risquerait d’être récupéré par un belligérant; pourtant, laisser des hôpitaux sans électricité revient à abandonner la neutralité humanitaire au profit d’une rigidité morale qui tue.

Premièrement, la protection des civils ne peut reposer uniquement sur des discours diplomatiques. Les populations exposées aux temperatures extrêmes attendent des moyens concrets: livraisons sécurisées de combustibles, unités mobiles de chauffage, corridors humanitaires protégés par des dispositifs internationaux. Deuxièmement, il faut renforcer la responsabilité juridique: sanctionner non seulement les décideurs politiques mais aussi les entités technologiques et économiques qui facilitent ces attaques. Troisièmement, la communauté internationale doit revoir ses paradigmes d’assistance en anticipant les frappes contre les infrastructures essentielles plutôt que de réagir après les pannes.

Je refuse l’idée selon laquelle la protection humanitaire serait impuissante face à une guerre moderne. Les précédents existent: des missions de réparation d’urgence des réseaux, des équipes internationales de maintenance sous protection, et des stocks prépositionnés ont déjà réduit les conséquences de catastrophes naturelles. Comparer la réponse actuelle avec celles qui ont réussi dans d’autres crises montre qu’un effort coordonné permettrait de limiter la casse. Comparer aussi la situation ukrainienne à des conflits où la population a été protégée davantage révèle un manquement politique et moral.

Les chiffres rendent la situation tangible: des centaines de milliers de foyers privés d’électricité à répétition, des descentes à -20°C dans certaines régions, et des coupures qui pénalisent la distribution d’eau potable et la conservation des médicaments. Les rapports humanitaires signalent que la continuité des soins néonatals et oncologiques dépend désormais de générateurs rarement disponibles. La montée des pannes fragilise l’économie locale et augmente la dépendance aux aides extérieures, ce qui renforce la vulnérabilité sociale.

Je crois que tolérer ces attaques sous prétexte de complexité militaire revient à normaliser la souffrance des civils. La stratégie d’affamer technologique les populations pendant l’hiver révèle le défaut des protections humanitaires et l’inaction des acteurs internationaux. Si la communauté mondiale ne met pas en place des dispositifs concrets de prévention, de réparation et de sanction, les scènes de familles plongées dans le froid recommenceront encore et encore. J’exige, par conviction, une réponse plus ferme et tangible pour que la vie quotidienne des civils cesse d’être le prix d’une guerre.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mbaye Ndour.
Mis en ligne : 10/02/202
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