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Le Conseil des ministres s’est réuni le mercredi 11 février 2026 à Dakar sous la présidence de Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye pour examiner les préparatifs liés au mois de Ramadan, au Carême et à l’organisation du Pèlerinage aux Lieux saints 2026. Le Président a demandé au Gouvernement d’assurer l’approvisionnement régulier des marchés et la stabilité des prix, et il a chargé le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères de coordonner les diligences pour le pèlerinage.
L’annonce présidentielle souligne la dimension sociale et religieuse de ces périodes et met en avant la volonté affichée de protéger le pouvoir d’achat des ménages. Cette communication gouvernementale pose cependant une question centrale: l’engagement verbal sur la stabilité des prix n’est pas accompagné de mesures chiffrées, de calendriers précis ni d’indications budgétaires claires.
Les semaines précédentes ont vu des tensions sur les approvisionnements saisonniers et des fluctuations de prix lors des périodes de jeûne, avec une attente forte des ménages vulnérables pour des interventions publiques ciblées.
Le Gouvernement a formulé des objectifs généraux: approvisionnement correct et régulier des marchés, stabilité des prix et déploiement de dispositifs de soutien en faveur des ménages vulnérables. Ces objectifs restent toutefois dépourvus d’éléments quantitatifs faciles à vérifier. Aucune mention d’un plafond de prix, d’un volume d’importation attendu, d’un fonds d’aide chiffré ou d’un calendrier de déploiement n’apparaît dans la communication publique rendue le 11 février 2026. L’absence de ces paramètres empêche d’évaluer la portée réelle des mesures annoncées.
Les mécanismes usuels pour stabiliser les prix sont connus: réserves stratégiques, subventions ciblées, contrôles renforcés des pratiques commerciales, et accords avec les opérateurs privés pour réguler l’offre. La déclaration présidentielle renvoie à une coordination avec les opérateurs privés, sans préciser la nature des engagements attendus de leur part, ni les garanties pour éviter des pratiques spéculatives. Le citoyen reste sans visibilité sur qui paiera quoi et sur les moyens de contrôle.
Premièrement, une promesse de stabilité sans cible chiffrée rend la responsabilité difficile à imputer si les prix restent élevés: il manque un indicateur observable, tel qu’un taux maximal de hausse toléré ou un objectif de baisse du coût du panier de base. Deuxièmement, l’absence de calendrier empêche de mesurer la réactivité administrative face à une hausse soudaine des prix pendant le Ramadan ou le Carême. Troisièmement, sans allocation budgétaire annoncée, les dispositifs de soutien risquent de dépendre d’ajustements ponctuels plutôt que d’un dispositif pérenne en faveur des ménages les plus fragiles.
En regard de pratiques observées ailleurs, certains pays publient des plans détaillés avec montants, périodicité et critères d’éligibilité pour les aides alimentaires, ce qui permet un suivi public et une responsabilisation des services. La comparaison montre qu’une simple injonction à garantir l’approvisionnement ne suffit pas à construire une politique de protection robuste du pouvoir d’achat.
Les risques concrets incluent la persistance d’une inflation alimentaire lors des pics de consommation et l’accroissement de la vulnérabilité des ménages à faibles revenus si les aides ne sont pas ciblées. Des outils vérifiables existent: tableaux de bord mensuels des prix, marchés régulés pour les produits de première nécessité, et bons alimentaires ciblés distribués avant les périodes de jeûne. Aucun de ces outils n’a été détaillé lors de l’allocution présidentielle du 11 février.
L’appel présidentiel à préserver l’approvisionnement et la stabilité des prix pour le Ramadan, le Carême et le pèlerinage 2026 donne une orientation politique claire mais reste pour l’instant une déclaration sans paramètres mesurables. Le Gouvernement a défini des objectifs généraux mais n’a pas communiqué de plan chiffré, de calendrier précis ni de montant budgétaire destiné aux ménages vulnérables. Sans ces éléments, il sera difficile d’évaluer l’efficacité des actions et d’exiger des comptes si le pouvoir d’achat des plus fragiles n’est pas effectivement protégé.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Fanta S.
Mis en ligne : 14/02/2026
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