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L’annonce récente de Makane Mbengue concernant le combat entre Reug Reug et Boy Niang 2 a relancé les débats autour de la gestion chaotique des grands affrontements de lutte sénégalaise. Si le promoteur affiche une volonté louable de satisfaire le public, la succession de revirements, de reports et de décisions contradictoires révèle une organisation à la dérive, où les intérêts sportifs et financiers priment trop souvent sur le respect des règles et la transparence.
Je me permets d’exprimer ici mon scepticisme face à cette gestion, qui, malgré les apparences, fragilise la crédibilité de la discipline et dessert les acteurs du milieu.
Depuis novembre 2025, ce combat est devenu le symbole des dysfonctionnements récurrents de la lutte sénégalaise. Initialement prévu pour le 1er janvier 2026, il a été annulé en raison d’une blessure de Reug Reug, conduisant à la libération de Boy Niang 2, conformément aux règlements. Trois mois plus tard, l’introduction d’un certificat de guérison pour Reug Reug a tout bouleversé, remettant le duel sur la table. Pourtant, cette volte-face soulève des questions : comment concilier la rigueur médicale, la stabilité des engagements contractuels et l’équité envers les lutteurs, sans tomber dans l’arbitraire ou l’opportunisme ?
La décision de libérer Boy Niang 2 était, à l’origine, une posture pragmatique : un lutteur ne peut être retenu indéfiniment au risque de freiner sa carrière et de pénaliser ses revenus. Mais l’arrivée d’un certificat de guérison pour Reug Reug change la donne, et le promoteur insiste désormais pour organiser le combat, quitte à contourner les procédures claires. Makane Mbengue évoque une solution à l’amiable, voire un recours aux textes de la Fédération en dernier ressort. Pourtant, cette approche ad hoc, sans cadre précis, laisse planer le doute sur la sincérité des démarches et la neutralité des arbitrages. Les précédents reports et les polémiques autour des certificats médicaux (comme celle des images de Reug Reug s’entraînant au Japon alors qu’il était censé être blessé) ont déjà entaché l’image de la lutte sénégalaise. La Fédération, de son côté, peine à imposer une ligne directe, oscillant entre suspensions et levées de mesures sans toujours clarifier les règles du jeu.
Premièrement, la crédibilité de la lutte sénégalaise repose sur le respect strict des procédures médicales et des engagements contractuels. Or, les reports à répétition et les certificats contestés minent la confiance du public et des partenaires. Deuxièmement, l’improvisation permanente nuit à l’attractivité économique du secteur : les promoteurs, les sponsors et les médias ont besoin de visibilité et de fiabilité, pas de feuilleton à rebondissements. Enfin, les lutteurs eux-mêmes sont les premières victimes de cette instabilité. Boy Niang 2, libéré puis potentiellement contraint de revenir en arrière, voit sa préparation et sa carrière perturbées par des décisions prises au gré des circonstances.
Cette situation n’est pas isolée. Dans d’autres sports, comme le football ou la boxe, les reports de matchs ou de combats sont encadrés par des protocoles stricts, avec des sanctions claires en cas de manquement. Au Sénégal, la Fédération a récemment suspendu les face-à-face et open presse pour apaiser les tensions, avant de les rétablir sous conditions. Mais sans sanctions effectives ni transparence, ces mesures restent symboliques et inefficaces. À l’international, des compétitions comme la CAN ont montré que l’absence de plan d’urgence et de règles claires entraîne des surcoûts et des risques logistiques majeurs.
Le combat Reug Reug vs Boy Niang 2 cristallise les failles d’un système où l’émotion et l’intérêt immédiat priment sur la rigueur. Pour restaurer la confiance, il est urgent d’instaurer des règles transparentes, des contrôles médicaux indépendants et des sanctions dissuasives. La lutte sénégalaise mérite mieux qu’une gestion au cas par cas, où chaque décision semble dictée par l’opportunisme plutôt que par l’équité. En l’état, ce feuilleton ne sert ni les lutteurs, ni le public, ni l’image d’un sport qui devrait être un fleuron national.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 21/02/2026
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