Ultimatum de Donald Trump à l’Iran : Dix jours qui font trembler le Golfe - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 23/02/2026 01:02:00

Ultimatum de Donald Trump à l’Iran : Dix jours qui font trembler le Golfe

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Le 19 février, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il se donnait « dix, quinze jours » pour décider s’il tentait un accord avec l’Iran ou s’il recourait à la force; cette annonce a été faite à Washington devant son « Conseil de paix » puis répétée à bord d’un avion vers la Géorgie. Dans le même temps, l’ambassadeur iranien à l’ONU a averti que, en cas d’attaque, toutes les bases et infrastructures américaines dans la région constitueraient « des cibles légitimes ». Ces faits situent la décision dans un contexte de tensions élevées et d’un déploiement militaire massif dans le golfe Persique.

J’assume d’entrée un jugement sévère: ce délai improvisé révèle une politique qui navigue sans boussole et qui met en danger des vies humaines évitables. L’hésitation publique d’un chef d’État face à une question de guerre et de paix n’est pas de la prudence, elle ressemble trop souvent à de l’improvisation, avec toutes les conséquences qu’elle entraîne sur le terrain.

Les États-Unis ont rassemblé dans la région une force aérienne et navale importante, incluant porte-avions et bombardiers, tandis que les discussions indirectes avec Téhéran à Oman et Genève n’ont pas permis de rapprocher les positions sur les programmes nucléaire et balistique.

Je veux disséquer ce qui, selon moi, rend cette posture dangereuse. D’abord, annoncer publiquement un calendrier aussi court pour trancher entre la diplomatie et la guerre transforme des militaires et des civils en pions d’un compte à rebours médiatique. Les forces en place sont mises en alerte permanente; les familles de militaires vivent dans l’attente; les populations civiles de la région voient augmenter le risque d’escalade accidentelle. La décision de recourir à la force ne devrait pas dépendre d’un ultimatum improvisé, comme on mettrait un chèque sur la table d’un négociateur.

Ensuite, cette tactique fragilise la crédibilité stratégique. Un président qui brandit une échéance sans feuille de route claire donne l’impression d’un chef qui teste la réaction du monde plutôt que de l’orienter. C’est une politique qui ressemble à un pari: on pousse la pression et on espère que l’adversaire plie. J’y vois la même logique qu’un joueur de poker qui mise tout pour forcer un pli; sauf qu’ici les mises sont des vies humaines et des infrastructures vitales.

Par ailleurs, l’argument selon lequel la force serait un levier de négociation néglige la réalité militaire et géographique. L’Iran peut riposter de façons asymétriques: attaques de navires, raids de drones, pose de mines dans le détroit d’Ormuz, ou frappes contre des alliés régionaux. Ces capacités, limitées mais réelles, suffisent à créer des dommages économiques et humains considérables sans confrontation frontale entre flottes. Comparer l’arsenal américain énorme à l’arsenal iranien, c’est comparer une armée conventionnelle à un ensemble de capacités irrégulières; la supériorité technologique n’annule pas la vulnérabilité aux attaques indirectes.

Je reproche aussi l’absence de scénario de sortie plausible. Annoncer « dix, quinze jours » sans expliquer les critères d’un accord pertinent revient à menacer sans préciser les garanties offertes ou recherchées. Une politique cohérente doit définir des objectifs mesurables, des échanges diplomatiques parallèles et des plans de mitigation pour protéger les civils. L’option militaire ne devrait être envisagée que si toutes les alternatives sont chiffrées et si le risque résiduel est accepté publiquement par des partenaires. Ici, l’opacité crée de l’instabilité.

Enfin, il y a un coût politique et moral. L’usage de la menace comme instrument de négociation sape la légitimité internationale et isole potentiellement un pays déjà contesté. Les alliés hésitent lorsqu’ils perçoivent de l’improvisation; les adversaires exploitent la vacance stratégique. J’ai en tête le souvenir de 2003 quand la préparation précipitée a conduit à des décisions aux conséquences durables; on ne devrait pas répéter ce scénario par impatience ou par recherche d’effet.

Les images satellites et les mouvements de bâtiments et d’avions indiquent un déploiement comparable à des épisodes passés de haute tension. Les demandes américaines d’élargir les négociations au programme balistique iranien ont été rejetées par Téhéran, ce qui rend la fenêtre diplomatique étroite mais pas inexistante. Si la diplomatie réelle est laissée à une échéance médiatique, les marges de manœuvre se réduisent et les risques d’erreur augmentent.

Je crois que gouverner demande plus que des ultimatums improvisés: il faut des stratégies claires, des critères publics et des protections concrètes pour les soldats et les civils. Le compte à rebours annoncé par le président ressemble à une posture politique plus qu’à une démarche d’État responsable. Si la force devient l’issue parce que l’on a négligé la préparation et la clarté, nous aurons choisi la voie la plus dangereuse et la plus coûteuse. Je demande de la retenue stratégique et de la planification sérieuse, sinon c’est le terrain qui paiera pour l’improvisation.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 23/02/202
6

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top