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Des sources rapportent que l’Iran et la Chine seraient proches d’un accord pour la livraison de missiles antinavires supersoniques CM-302, capables de voler à très basse altitude sur environ 290 kilomètres, et que les discussions ont commencé il y a au moins deux ans avant de s’accélérer après la guerre entre Israël et l’Iran l’an dernier. Ces missiles viseraient les navires déployés dans le Golfe, où la présence américaine reste importante.
J’affirme sans détour que cette possible transaction est une folie stratégique et morale. Acheter des armes qui aggravent la menace régionale au moment où la population iranienne souffre de pauvreté, de pollution et de privations sociales ressemble à un geste cynique. Je refuse l’idée selon laquelle la sécurité se construit uniquement avec des boutiques d’armement dernier cri. La course aux missiles ne protégera pas les hôpitaux, les écoles ni les salaires des travailleurs.
La région du Golfe reste un point névralgique pour le commerce pétrolier mondial et pour les approches militaires des grandes puissances, ce qui explique le caractère explosif de toute modernisation des capacités antisurface iraniennes.
Je refuse l’angélisme stratégique qui présente les CM-302 comme un simple outil de dissuasion équilibrant un rapport de force. Ces engins supersoniques changent la donne tactique et incitent à la réaction: si l’Iran obtient une menace crédible contre les flottes, d’autres acteurs chercheront des moyens de neutraliser cette menace, par des systèmes anti-missiles coûteux, par des frappes préventives ou par une présence navale accrue. La logique est implacable: plus d’armes, plus de tentatives de neutralisation, plus de risques d’escalade accidentelle.
J’observe déjà les effets directs sur la société iranienne. Les dépenses militaires massives dans un pays où l’accès à l’eau potable, à l’emploi et aux soins reste fragile constituent un choix politique. Quand le budget de la défense s’envole, ce sont les investissements publics qui reculent. Les infrastructures se dégradent, les jeunes sans emploi voient s’éloigner toute perspective, et la colère sociale gonfle. À titre de comparaison, la Turquie a longtemps payé le prix social d’une militarisation prioritaire: des pans entiers des services publics ont été négligés pendant que l’appareil sécuritaire se modernisait. De même, plusieurs États pétroliers du Golfe ont troqué des réformes sociales contre des arsenaux flambant neufs, avec pour résultat une société polarisée et une économie vulnérable aux chocs.
Les risques économiques dépassent les frontières iraniennes. L’installation de missiles capables d’atteindre des navires commerciaux rendra le passage dans le Golfe plus dangereux, ce qui augmentera les primes d’assurance maritime et renchérira le transport du pétrole. Les consommateurs du monde paieront la facture, mais les populations locales subiront le choc le plus dur: inflation importée, chômage accru, détérioration des services publics.
Je soutiens que céder à la tentation des armes supersoniques revient à alimenter une course aux armements régionale qui n’offrira aucune sécurité durable. Les dirigeants peuvent présenter ces achats comme des garanties de souveraineté, mais la souveraineté avilie par la misère n’est pas digne du nom. Les ressources gaspillées en systèmes d’armement hi-tech représenteraient des milliards qui auraient pu financer des programmes de santé, des écoles, des infrastructures d’eau et d’assainissement. Un missile coûteux ne soigne pas une mère malade ni n’ouvre une usine pour un jeune diplômé.
Sur le plan diplomatico-stratégique, renforcer l’arsenal iranien au moyen d’une puissance tierce alimente la rivalité sino-américaine et polarise les pays de la région. Le résultat probable sera la multiplication des alliances militaires, l’augmentation des ventes d’armes et l’escalade des tensions. J’invite à penser la sécurité autrement: moins d’engins de destruction et plus de mécanismes de confiance régionale, d’accords de désarmement ciblés, d’investissements partagés dans la résilience économique.
Les CM-302, selon les fiches techniques disponibles, atteignent des vitesses supersoniques et suivent des profils de vol de basse altitude, rendant leur interception plus difficile et les systèmes de défense plus coûteux. Un porte-parole militaire qui décrirait ces missiles comme «un bond technologique» offrirait une phrase qui sonne bien dans les communiqués, mais qui ne répond pas à la question sociale: quel est le prix humain de ce bond?
Je reste convaincu que la voie choisie par des dirigeants qui privilégient l’armement au détriment du bien-être collectif est un renoncement moral. La livraison de missiles supersoniques à l’Iran risque d’enflammer une course aux armements régionale, d’augmenter la vulnérabilité économique et d’aggraver la souffrance des populations qui n’ont rien demandé. Il faudra un jour rendre des comptes sur ces choix: face à la misère, à la pollution et à la précarité, la multiplication des arsenaux n’est pas une réponse, mais une fuite en avant qui promet davantage de conflits et moins d’avenir pour les citoyens.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 28/02/2026
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