Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré mardi lors d’une interview à Politico qu’il « n’en avait vraiment rien à faire » de la participation de l’Iran à la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada du 11 juin au 19 juillet. L’équipe iranienne a été absente d’un sommet de planification de la FIFA à Atlanta cette semaine, dans un contexte d’escalade du conflit au Moyen-Orient.
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Suite de l’article : La FIFA n’a pas donné de réponse publique immédiate aux interrogations sur la présence de l’Iran sur le sol américain. Cette situation soulève des questions pratiques et juridiques: visas, dérogations pour le personnel, et garanties de sécurité pour des matches prévus à Los Angeles et à Seattle.
L’Iran figure dans le groupe G avec la Belgique, l’Égypte et la Nouvelle-Zélande; ses rencontres doivent se jouer aux États-Unis et le pays pourrait, en théorie, rencontrer les États-Unis en seizièmes de finale le 3 juillet à Dallas si les deux nations finissaient deuxièmes de leur poule.
Plusieurs éléments factuels convergent vers une réalité gênante pour la gouvernance du football mondial. D’abord, la présence confirmée d’un président américain qui a signé en juin un décret exécutif imposant l’une des interdictions de voyage les plus strictes affectant l’Iran crée un cadre légal incertain. Le décret inclut une exception explicite pour les équipes de la Coupe du monde et leur staff, mais les demandes de visa pour d’autres personnes liées aux délégations restent soumises à l’appréciation du Département d’État au cas par cas. Ensuite, l’absence de représentants iraniens au sommet de la FIFA à Atlanta montre une fragilité opérationnelle: une instance censée organiser un tournoi global n’a pas réussi à garantir la participation d’un membre actif avant la phase finale de planification.
La question sécuritaire est tangible. Des matches programmés à Los Angeles et à Seattle impliquent des dispositifs de sûreté locaux sous juridiction américaine, tandis que la FIFA conserve la responsabilité réglementaire et disciplinaire. Les fédérations nationales et les autorités locales devront coordonner la protection des joueurs, des officiels et des supporters en parallèle des décisions diplomatiques et migratoires. L’interaction entre politiques publiques et organisation sportive expose la FIFA à des risques juridiques si des délégations se voient refuser l’entrée ou si des officiels importants ne peuvent pas accompagner leur équipe.
La capacité limitée de la FIFA à imposer des solutions politiques apparaît dans trois faits: l’absence irano-fifa à Atlanta, la dépendance aux décisions du Département d’État pour les visas, et la possibilité de remplacement automatique d’une équipe si elle se retire. Ces faits montrent que la FIFA n’a pas de levier unique pour garantir l’inclusion de tous les participants lorsque des tensions internationales s’intensifient. La conséquence est double: perte de crédibilité institutionnelle et fragilisation du principe d’universalité sportive.
Des précédents ajoutent de l’eau au moulin des critiques. La Coupe du monde de 2018 et d’autres événements internationaux ont déjà vu des difficultés liées aux sanctions et aux tensions diplomatiques, avec des exemptions temporaires obtenues au prix de compromis politiques. La comparaison avec des organisations extérieures au sport, comme des agences culturelles qui obtiennent des protocoles spéciaux pour des artistes en déplacement, met en lumière le manque d’un cadre standardisé et pérenne adapté au sport mondial.
Si la FIFA prétend garantir l’inclusion sur le principe, les faits sélectionnés indiquent une impotence face aux enjeux diplomatiques. Les visas restés soumis à l’arbitrage gouvernemental, les réunions préparatoires sans tous les acteurs et les risques opérationnels locaux traduisent une institution qui dépend plus des États qu’elle ne les influence. Cette dépendance mine la promesse d’une Coupe du monde neutre et sûre, et elle transforme une compétition sportive en une arène politique dont la régulation échappe à l’instance dirigeante du football.
Les calendriers de la FIFA prévoient des matches dans plusieurs villes américaines et la logistique implique des millions de billets, des accords de sponsoring et des engagements médiatiques. Le remplacement probable d’une équipe en cas de retrait est prévu par le règlement, mais il n’efface pas l’impact diplomatique ni les conséquences commerciales pour des sponsors et des diffuseurs. Les autorités d’immigration américaines disposent de larges marges d’appréciation pour les visas, et l’usage récent de décrets exécutifs montre que des décisions politiques peuvent modifier soudainement les conditions de participation.
Les faits rassemblés dessinent une image peu flatteuse: une FIFA incapable d’anticiper ou de neutraliser des obstacles diplomatiques majeurs, une administration américaine qui tient un rôle décisif sur l’accès au territoire et une équipe iranienne dont la présence demeure incertaine. L’addition de contraintes juridiques, de décisions gouvernementales discrétionnaires et d’une planification sportive incomplète questionne la crédibilité de l’institution sportive. La Coupe du monde 2026 se prépare sous tension; la FIFA risque de voir sa capacité à garantir sécurité et inclusion évaluée à l’aune des prochains mois, avec des conséquences durables pour sa stature internationale.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mounass N.
Mis en ligne : 17/04/2026
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