Ils risquent leur vie pour gagner du temps : Alerte sur les autoroutes - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 03/05/2026 10:05:30

Ils risquent leur vie pour gagner du temps : Alerte sur les autoroutes

Autoroutes du Sénégal a signalé, ces dernières semaines, la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos montrant des piétons traversant les voies autoroutières à pied.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : Les autorités indiquent que ces comportements se déroulent sur le réseau autoroutier national, où la vitesse autorisée peut atteindre 110 km/h, et constituent une infraction au Code de la route et au décret n°2020-1786 du 23 septembre 2020 encadrant l’exploitation des autoroutes à péage. Ces traversées imprudentes exposent les piétons à des risques mortels et risquent de provoquer des collisions graves impliquant plusieurs véhicules.

Face à ces images et aux risques qu’elles illustrent, la société gestionnaire a réagi en rappelant les règles de sécurité et en annonçant un dispositif d’urgence: surveillance renforcée, campagnes de sensibilisation, application stricte des sanctions et consolidation des clôtures. Le message officiel a été résumé ainsi: « aucun gain de temps ne justifie de mettre sa vie ou celle des autres en danger. » Ces mesures restent insuffisantes si l’on considère les causes réelles qui poussent des personnes à traverser illégalement.

Ce phénomène survient alors que des infrastructures piétonnes — passerelles et passages souterrains — ont été installées à intervalles réguliers le long du réseau, selon les gestionnaires. La présence de ces aménagements ne répond toutefois pas uniformément aux besoins des riverains des zones les plus sensibles.

Les faits montrent plusieurs limites précises. D’abord, l’espacement des passerelles et des passages souterrains suit souvent des critères de linéarité routière plutôt que des flux piétons réels; des quartiers populaires restent situés à plusieurs centaines de mètres du point de franchissement le plus proche. Ensuite, l’accessibilité est problématique: de nombreuses passerelles exigent de gravir des escaliers non aménagés pour les personnes âgées, les enfants ou les personnes à mobilité réduite, et les accès souterrains peuvent manquer d’éclairage ou d’entretien. Enfin, la sécurité perçue est faible: tags, éclairage insuffisant et fréquentation réduite la nuit dissuadent leur usage.

Ces éléments traduisent un manque d’investissements ciblés. Des annonces d’investissements supplémentaires ont été formulées, mais l’allocation budgétaire publique et privée n’apparaît pas orientée vers une cartographie fine des zones sensibles ni vers des solutions adaptées: rampes, ascenseurs, éclairage LED, surveillance vidéo ou résorption des brèches dans les clôtures. Là où une passerelle se trouve tous les 800 mètres, les riverains peuvent être obligés de parcourir 1,2 kilomètre pour un aller-retour, comparaison qui montre l’écart entre présence d’infrastructures et efficacité réelle. Autre comparaison: dans certains pays européens, des aménagements combinent rampes douces et traversées protégées à niveau, ce que le réseau local ne généralise pas.

Des chiffres locaux précis font défaut publiquement, mais les observations de terrain et les signalements communautaires convergent: les aménagements existants ne réduisent pas systématiquement les traversées dangereuses. La fermeture des brèches et le renforcement des clôtures préviennent des passages sauvages mais n’offrent pas d’alternative pratique. Quand une infrastructure est difficilement accessible, le réflexe des piétons est de chercher le trajet le plus court, même s’il est illégal et risqué.

La réponse policière et les campagnes de sensibilisation peuvent dissuader ponctuellement, mais elles ne remplacent pas des solutions d’ingénierie adaptées aux besoins locaux. L’écart entre la communication institutionnelle sur l’existence d’un maillage de passerelles et la réalité des usages quotidiens expose une stratégie de prévention partielle. Sans priorisation géographique des investissements, les zones sensibles resteront dangereuses et les vidéos choquantes circuleront encore.

La situation laisse une impression nette: l’existence de passerelles et de passages souterrains sert surtout à justifier une conformité formelle du réseau, alors que l’absence d’investissements ciblés empêche la sécurisation immédiate des points critiques. Les autorités et les exploitants disposent d’outils techniques et financiers pour mieux calibrer les aménagements; l’enjeu est de transformer des infrastructures dispersées en solutions réellement accessibles, visibles et utilisées par ceux qui en ont besoin.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Seynabou F.
Mis en ligne : 03/05/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top