Ismaïla Sow, président du Conseil national de la Maison des éleveurs du Sénégal, a déclaré que « le prix des moutons devrait connaître une nouvelle hausse » à l’approche de la prochaine fête de Tabaski au Sénégal.
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Suite de l’article : Il a expliqué que les opérateurs réduisent leurs effectifs, que les coûts de transport et d’entretien du bétail augmentent et que la hausse du prix du foin d’arachide pèse sur l’ensemble de la filière. Il a aussi mis en cause la spéculation foncière qui réduit les surfaces fourragères.
La situation décrite concerne tout le territoire national à l’approche de la grande fête religieuse, période traditionnellement marquée par une demande accrue de moutons. Les commentaires de M. Sow interviennent dans un contexte de tensions entre éleveurs, commerçants et consommateurs sur l’accessibilité de la viande.
Les faits évoqués par le président de la Maison des éleveurs pointent des éléments concrets: baisse de l’offre volontaire des vendeurs pour limiter les invendus, augmentation des charges liées au transport et à l’alimentation animale, et raréfaction des pâturages liée à l’urbanisation des terres agricoles. Ces facteurs expliquent mécaniquement des pressions haussières sur les prix. La flambée du prix du foin d’arachide est citée comme cause directe affectant la santé économique des élevages et leur capacité à maintenir des cheptels en bonne condition.
Pourtant, cantonner la responsabilité aux seuls éleveurs ou aux mécanismes du marché occulte d’autres éléments vérifiables. La réduction des surfaces fourragères résulte aussi de décisions d’aménagement du territoire et d’une réglementation du foncier qui n’a pas protégé les zones pastorales. L’absence de politiques publiques de stockage et de subvention de l’alimentation animale amplifie la vulnérabilité des petits éleveurs face aux variations de prix des intrants. L’insuffisance d’infrastructures de transport collectif pour le bétail et l’absence d’incitations fiscales ciblées rendent les coûts logistiques structurellement élevés.
Les arguments factuels en faveur d’une responsabilité partagée sont étayés par des constats pratiques: lorsque les autorités n’investissent pas dans des réserves fourragères ou dans des routes rurales, les opérateurs privés ajustent leur offre en fonction du risque de perte financière. La spéculation foncière mentionnée par M. Sow s’enracine dans des processus d’urbanisation et d’attribution de terrains qui relèvent d’actes administratifs et de marchés immobiliers; sans régulation, la conversion des terres réduit l’accès aux ressources pastorales. Comparé à des pays où l’État organise des achats groupés de fourrage avant la saison sèche, la situation locale montre un manque d’instruments publics de lissage des prix.
Le plaidoyer pour des solutions adaptées aux réalités pastorales s’accompagne de constats vérifiables: l’importation et la volatilité des prix des intrants agricoles, la faiblesse des programmes de soutien aux éleveurs, et la raréfaction des surfaces de pâturage contribuent tous à la hausse du coût de la viande pour le consommateur moyen. « La sécurité alimentaire doit aussi rimer avec la sécurité animale », a rappelé M. Sow, soulignant le lien entre bien-être animal et disponibilité alimentaire.
Des exemples concrets renforcent l’analyse: des marchés locaux réduisant leur offre avant des fêtes provoquent des pics de prix pour les ménages, et l’absence d’un stockage national de fourrage empêche d’amortir des hausses saisonnières. Comparé à une approche où l’État intervient par des mécanismes de régulation et de soutien, le modèle actuel laisse une large place aux ajustements privés qui transfèrent le risque sur le consommateur.
En synthèse, les éléments factuels rassemblés montrent que la hausse annoncée des prix des moutons résulte d’un enchaînement de facteurs privés et publics. La focalisation exclusive sur la responsabilité des éleveurs néglige des défaillances de régulation foncière, d’infrastructures et de politiques de soutien qui rendent la filière fragile. Les ménages font face à des hausses qui trouvent leur origine dans des choix collectifs autant que dans des stratégies individuelles.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Badara G.
Mis en ligne : 02/05/2026
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