La situation économique sous Diomaye et Sonko : Un héritage difficile à gérer ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 14/05/2026 12:05:00

La situation économique sous Diomaye et Sonko : Un héritage difficile à gérer ?

Un récent article souligne que, depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko en avril 2024, la situation économique et financière du Sénégal est perçue comme particulièrement difficile.

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Suite de l’article : Si les nouvelles autorités imputent cette crise à l’héritage laissé par l’ancien régime, je ne peux m’empêcher de constater que les solutions proposées peinent à convaincre, et que les tensions internes au pouvoir ne font qu’aggraver les incertitudes.

Il est indéniable que le Sénégal a hérité d’un déficit budgétaire abyssal (14 % du PIB) et d’une dette publique dépassant 132 % du PIB à la fin de l’année 2024. Les autorités actuelles accusent l’ancien président Macky Sall d’avoir dissimulé les vrais chiffres, une allégation confirmée par le FMI, qui a suspendu son programme d’aide en attendant des engagements clairs. Cependant, force est de constater que, près de deux ans après leur élection, les promesses de « rupture » et de justice sociale tardent à se concrétiser.

Le gouvernement a adopté un plan de redressement économique axé sur la rigueur budgétaire et la mobilisation des ressources internes. Pourtant, les mesures prises, comme l’augmentation des taxes sur des produits de consommation courante (tabac, alcool, transferts d’argent numériques), pèsent directement sur le pouvoir d’achat des Sénégalais. Ousmane Sonko lui-même a appelé la population à des « sacrifices » pour deux à trois ans, un discours qui contraste avec les attentes d’une jeunesse en quête de changements immédiats.

Par ailleurs, les tensions au sommet de l’État entre Diomaye Faye et Sonko ne rassurent pas. Le Premier ministre a publiquement critiqué le président pour son manque de soutien face aux attaques dont il dit faire l’objet, évoquant un « problème d’autorité ». Une telle division au sein du duo dirigeant, alors que le pays traverse une crise sans précédent, est pour le moins préoccupante.

Un héritage lourd, mais une gestion contestable : Si l’on ne peut nier les difficultés héritées, il est légitime de s’interroger sur l’efficacité des mesures actuelles. La dégradation de la note du Sénégal par Moody’s (passée à « Caa1 » avec une perspective négative) en octobre 2025 en est une illustration. L’agence justifie cette décision par des risques accrus sur la trajectoire de la dette et des liquidités, malgré les dénégations du gouvernement.

Des promesses non tenues : Le slogan « Diomaye = Sonko » avait soulevé un immense espoir. Or, aujourd’hui, les Sénégalais subissent des hausses d’impôts et une incertitude économique persistante, sans voir de résultats tangibles. Le FMI, bien que reconnaissant les efforts de transparence, n’a toujours pas débloqué son aide, preuve que les doutes persistent.

Un climat politique instable : Les divisions au sein du parti au pouvoir (Pastef) et les accusations de complots internes minent la crédibilité du gouvernement. Dans un pays où la stabilité politique a longtemps été un atout, cette instabilité send une image peu rassurante aux investisseurs et aux partenaires internationaux.

D’autres pays africains ont connu des transitions politiques dans des contextes économiques difficiles. Par exemple, en Éthiopie, le Premier ministre Abiy Ahmed a hérité d’une économie en crise, mais a su mobiliser des réformes structurelles et des partenariats internationaux pour relancer la croissance. Au Ghana, bien que confronté à une dette insoutenable, le gouvernement a négocié une restructuration avec le FMI, évitant ainsi un défaut de paiement. À l’inverse, le Sénégal semble refuser toute restructuration de sa dette, une position risquée qui pourrait aggraver la crise à moyen terme.

Si l’on peut comprendre que Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont hérité d’une situation économique désastreuse, leur gestion depuis deux ans soulève des questions. Entre mesures impopulaires, tensions internes et manque de résultats concrets, il est difficile de ne pas adopter un regard critique. Le Sénégal mérite mieux qu’un pouvoir divisé et des solutions à court terme. Il est temps que les autorités prouvent qu’elles sont à la hauteur des attentes, non pas en accusant indéfiniment le passé, mais en proposant des réponses claires, unifiées et efficaces à la crise actuelle.

Je reste convaincu que le pays a le potentiel pour se redresser, mais cela nécessitera bien plus que des discours et des plans théoriques.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 14/05/202
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