Dans le fait divers survenu aux Parcelles-Assainies, un commerçant, M. T. Sèye, est accusé d’avoir simulé un cambriolage afin de masquer le détournement d’une tontine Tabaski d’un montant de 1 521 000 francs CFA.
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Suite de l’article : L’argent, confié en toute confiance par un groupe majoritairement composé de femmes, devait être redistribué à l’approche de la fête. À travers ce cas, je défends un parti pris clairement négatif : les tontines, dans leur fonctionnement actuel, exposent dangereusement les participants à des risques de fraude que la seule confiance ne peut plus justifier.
La tontine est une pratique profondément ancrée dans les habitudes économiques au Sénégal et dans plusieurs pays africains. Elle repose sur un principe simple : un groupe de personnes met régulièrement de l’argent en commun, puis chaque membre reçoit à tour de rôle la somme collectée. Ce système informel joue un rôle essentiel dans l’accès à l’épargne et au crédit, notamment pour les ménages qui n’ont pas facilement accès aux institutions bancaires. Cependant, son efficacité repose presque exclusivement sur la confiance entre les membres et le gestionnaire.
Dans cette affaire, le gestionnaire de la tontine a exploité cette confiance en mettant en scène une fausse effraction pour justifier la disparition des fonds. Ce scénario révèle une fragilité structurelle : l’absence de mécanismes de contrôle, de traçabilité et de supervision indépendante. Le fait que les victimes aient dû elles-mêmes initier une plainte pour faire émerger la vérité souligne un déséquilibre inquiétant entre la confiance accordée et les garanties réelles.
Je soutiens que ce type de situation n’est pas un cas isolé, mais le symptôme d’un système vulnérable. Premièrement, l’absence de formalisation juridique des tontines rend difficile toute sanction rapide et efficace. Deuxièmement, la concentration des fonds entre les mains d’un seul gestionnaire crée un risque élevé de détournement sans contrôle externe. Troisièmement, la répétition de cas similaires montre que la prévention est insuffisante face aux tentations frauduleuses. Enfin, je considère que l’illusion de sécurité fondée sur la proximité sociale peut retarder la mise en place de mécanismes plus rigoureux comme les comptes bancaires collectifs ou les plateformes numériques sécurisées.
Des situations similaires ont été observées dans d’autres contextes, notamment les systèmes de “chamas” en Afrique de l’Est ou certains “chit funds” en Asie du Sud, où des fraudes ont conduit à la perte de fonds importants pour les participants. Dans plusieurs cas, les autorités ont dû intervenir pour encadrer davantage ces pratiques. Ces comparaisons montrent que le problème n’est pas culturel, mais structurel dès lors que l’épargne collective reste informelle.
En définitive, ce fait divers rappelle une réalité que je juge préoccupante : la confiance, aussi essentielle soit-elle, ne peut remplacer les garanties institutionnelles dans la gestion de l’épargne collective. Je reste convaincu que les tontines doivent évoluer vers plus de transparence et de sécurisation, faute de quoi les mêmes scénarios de fraude continueront de se répéter au détriment des épargnants.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 28/05/2026
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