Le sélectionneur national Pape Thiaw menace de ne pas embarquer pour les États-Unis si son contrat n’est pas régularisé, alors que l’avion de la sélection doit décoller ce soir depuis le Sénégal.
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Suite de l’article : Son précédent bail a expiré en février 2026 et, selon les éléments communiqués publiquement, il n’aurait perçu aucun salaire depuis cette date, travaillant sans base contractuelle. La situation place la Fédération sénégalaise de football face à une décision immédiate.
Après plusieurs semaines de préparation, Pape Thiaw a conduit les derniers matchs amicaux, établi la liste des 26 joueurs et bouclé le programme de préparation. Ses proches indiquent que sa priorité a été « ne pas fragiliser le groupe », mais la menace de refus d’embarquer révèle une rupture de confiance spectaculaire entre le staff technique et l’instance dirigeante.
La faiblesse administrative est manifeste. Un sélectionneur en poste sans contrat depuis février et sans rémunération expose une organisation incapable d’assurer des conditions de travail élémentaires pour son staff. Travailler sans documents juridiques place l’équipe nationale dans une zone de risque contractuel et financier; le simple fait qu’un départ vers l’étranger soit compromis à quelques heures du décollage illustre un management improvisé. Les responsabilités opérationnelles de la FSF incluent la sécurisation des contrats et des salaires avant une tournée internationale; l’absence de ces garanties interroge la gouvernance et la planification.
Des faits concrets étayent cette critique. Thiaw a supervisé l’intégralité de la préparation malgré l’expiration de son contrat, et il réclame aujourd’hui la régularisation avant de voyager. La situation crée un dilemme logistique: soit la FSF signe en urgence et prend le risque d’un règlement bâclé, soit elle laisse le sélectionneur à terre et confie l’équipe à un adjoint sans préparation officielle. Dans les deux cas, le pays court un risque sportif direct et une image négative à l’international.
Sur le plan institutionnel, cette crise met en lumière un manque de procédures standardisées. À l’inverse de fédérations qui exigent la formalisation contractuelle avant toute mission, ici la précarité salariale et l’absence de contrat ont été tolérées jusqu’à la dernière minute. Comparé au fonctionnement d’un club professionnel où les documents et les paiements sont verrouillés avant un déplacement, le cas sénégalais ressemble à une gestion par improvisation.
Les conséquences dépassent le seul épisode du voyage: elles touchent la crédibilité des appels d’offres, la capacité d’attraction des techniciens et la confiance des joueurs. Une fédération qui laisse son sélectionneur sans contrat risque de voir ses futurs recrutements compliqués et d’enchaîner des crises de même nature. La menace de non-départ n’est pas seulement un caprice isolé; elle témoigne d’un déséquilibre durable entre les obligations de l’instance et le respect dû au staff.
La balle est désormais dans le camp de la FSF: intervenir pour régulariser la situation à chaud ou assumer publiquement les conséquences d’une absence de gouvernance. Quel que soit le choix, le signal envoyé au football sénégalais reste problématique. Le pays mérite une direction capable d’anticiper, de protéger son personnel et d’organiser ses missions sans mettre en péril la compétition et l’image nationale. Ce dossier pose une question simple mais pesante: comment rétablir des standards professionnels là où la négligence administrative a pris le pas sur l’intérêt sportif?
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Yacine D.
Mis en ligne : 30/05/2026
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