La Commission européenne indique que l’espace Schengen a reçu près de 12 millions de demandes de visa de court séjour en 2025, soit une hausse de 1,8 % sur un an, contre 17 millions en 2019.
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Suite de l’article : Le taux de refus global reste stable à 14,8 %. La Direction générale des migrations et des affaires intérieures signale des « fortes variations régionales », avec des hausses marquées en Afrique de l’Ouest: le Sénégal voit son taux de rejet passer à 51,9 % en 2025 (46,8 % en 2024) et le Cap-Vert grimper à 21,4 % contre 13,4 % l’année précédente.
Ces chiffres exposent une reprise incomplète des flux par rapport à 2019 et une asymétrie géographique prononcée. Ils posent des questions sur l’équité des procédures et sur les coûts réels supportés par les demandeurs.
Le chiffre de 2019 reste la référence pour mesurer la reprise des demandes après la forte baisse liée à la pandémie, tandis que les rapports officiels décrivent maintenant des disparités territoriales aiguës.
Les données montrent d’abord une double réalité: la quantité de demandes n’a pas retrouvé le niveau d’avant-pandémie et les refus se concentrent régionalement. Comparaison frappante: près de 12 millions de demandes contre 17 millions en 2019. Autre comparaison révélatrice: le taux de refus au Sénégal (51,9 %) est plus de trois fois supérieur au taux moyen de l’espace Schengen (14,8 %). Ces écarts traduisent des pratiques consulaires très hétérogènes et des conséquences directes pour les citoyens concernés.
Sur le plan opérationnel, les demandes de visa impliquent des frais fixes et des dépenses annexes. Le droit consulaire pour un visa Schengen de court séjour est fixé à 80 euros pour un adulte, montant qui ne couvre pas les coûts des traductions, des certificats, des déplacements vers les centres de dépôt ni les pertes de revenus liées aux absences professionnelles pour un entretien. Quand plus d’un dossier sur deux est rejeté dans un pays, ces charges deviennent des pertes sèches pour les ménages et des barrières financières à la mobilité.
Les refus massifs pèsent aussi sur le marché du travail et sur les opportunités professionnelles transnationales. Les visas court séjour servent pour des entretiens d’embauche, des missions temporaires et des formations; des refus élevés réduisent l’accès effectif à ces débouchés. Les procédures longues et coûteuses encouragent les recours informels et freinent les mobilités légales qui facilitent l’emploi et les échanges économiques.
Les exemples sénégalais et capverdien illustrent un phénomène plus large: des décisions consulaires qui semblent répondre à des logiques de contrôle plus strictes qu’à une évaluation homogène des dossiers. Les conséquences sont mesurables en ressources perdues pour les familles et en occasions professionnelles manquées pour des candidats légitimes.
Les chiffres publiés appellent à une réflexion factuelle sur le poids des lourdeurs administratives et des coûts induits par les visas de court séjour. À défaut d’un examen approfondi des procédés de collecte des pièces, des critères d’évaluation et des frais associés, la mobilité reste un privilège conditionnel plutôt qu’un droit accessible. Les données montrent une rupture: le système actuel impose des barrières financières et procédurales qui transforment une démarche administrative en obstacle concret à la mobilité et à l’insertion professionnelle. Le contraste entre les taux moyens et les taux locaux rend urgent un débat documenté sur la cohérence des pratiques consulaires et sur les coûts supportés par les demandeurs.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Phillipe S.
Mis en ligne : 06/06/2026
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