Les purges ciblées du PASTEF menacent la cohésion du parti - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Emmanuel | Publié le 18/07/2026 09:07:00

Les purges ciblées du PASTEF menacent la cohésion du parti

Je ne peux rester silencieux face à la dérive autoritaire qui s’installe au sommet du PASTEF. L’exclusion brutale de Fatou Kiné Diakhaté, coordonnatrice du MONCAP, n’est pas un simple incident interne, mais le symptôme d’une stratégie de terreur politique.

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Suite de l’article : Le parti au pouvoir, au lieu de débattre des idées, préfère purger ses rangs avec une violence numérique et administrative inédite. Et je le dis sans détour : si le PASTEF ne se gêne pas pour écarter ses propres cadres, le président Diomaye Faye doit, pour être cohérent, dégager sans attendre tous les directeurs généraux et présidents de conseils d’administration proches d’Ousmane Sonko.

Le contexte est accablant. Après des mois de tensions entre Diomaye Faye et Sonko, la rupture est désormais consommée. Le limogeage de Sonko comme Premier ministre, suivi du boycott du gouvernement par le PASTEF, a révélé une fracture profonde. Pourtant, le parti reste rempli de ses partisans, qui occupent encore des postes clés dans l’administration. Comment expliquer que l’on exclut une militante pour avoir osé dire que « le projet est aujourd’hui incarné par Diomaye », tout en tolérant, dans l’ombre, des fidèles de Sonko à la tête d’institutions stratégiques ? Cette hypocrisie est insupportable.

L’analyse de l’affaire Diakhaté est édifiante. Le MONCAP, structure puissante des cadres du parti, a agi avec une rapidité et une brutalité qui interdisent toute nuance. Retirée des groupes d’échange, bannie des espaces de travail, la coordonnatrice a été effacée comme un fichiers corrompu. Pire, on annonce une « organisation provisoire » pour masquer le vide laissé par cette exclusion. Mais à quel prix ? Celui d’un parti qui préfère la purge à la discussion, la soumission à la loyauté.

Les arguments en faveur d’une épuration totale des proches de Sonko sont accablants. D’abord, la cohérence : si le PASTEF punit une cadre pour avoir pris position pour Diomaye, il doit logiquement écarter ceux qui, par leur allégeance à Sonko, sapent l’autorité présidentielle. Ensuite, la transparence : comment demander aux Sénégalais de croire en la probité du parti si ses propres membres sont soumis à des deux poids, deux mesures ? Enfin, l’efficacité : un État ne peut fonctionner avec des DG et PCA en guerre larvée contre leur propre président. La Guinée, où le pouvoir a dissous 40 partis d’opposition pour « stabiliser » le pays, montre où mène cette logique. Mais au Sénégal, on en est encore à des purges sélectives, ce qui est pire : cela crée un climat de méfiance généralisée.

En Guinée, le régime de Doumbouya a choisi la répression massive. Au Sénégal, le PASTEF opte pour des purges ciblées, tout aussi dangereuses. Dans les deux cas, le résultat est le même : un parti qui se referme sur lui-même, étouffe le débat, et finira par s’isoler de sa base. Les militants, aujourd’hui sommés de « rester unis », savent pertinemment que leur loyauté est conditionnelle. Un mot de travers, et c’est l’exclusion.

Je le répète : Diomaye Faye doit assumer ses choix jusqu’au bout. S’il tolère que des proches de Sonko dirigent encore des institutions clés, il valide une forme de double jeu qui discrédite son leadership. La purge de Fatou Kiné Diakhaté est un avertissement. Mais elle ne suffira pas. Pour retrouver une once de crédibilité, le président doit clarifier, une fois pour toutes, qui commande. Et si le PASTEF veut éviter de devenir un parti comme les autres – ceux qui gouvernent par la peur plutôt que par le projet –, il doit cesser ces méthodes expéditives. Sinon, le Sénégal paiera cher cette dérive.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 18/07/202
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