Détournements au PASPA : Qui siphonne l'aide aux sinistrés - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Emmanuel | Publié le 07/07/2026 09:07:00

Détournements au PASPA : Qui siphonne l'aide aux sinistrés

En février 2026, la Division spéciale de cybersécurité (DSC) a ouvert une enquête sur un réseau impliqué dans la gestion des aides aux sinistrés des inondations de 2025 au Sénégal.

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Suite de l’article : Le coordonnateur Birane Guèye, responsable du PASPA et de la structure Birane Guèye & associés, ainsi que plusieurs superviseurs, dont Khady Faye, Sophie Sylla, Fatimata Samba Diouf et Malick Diouf, ont été placés en garde à vue pour détournement de fonds publics, extorsion, faux et association de malfaiteurs, avec circonstance aggravante d’abus de fonction pour le principal coordonnateur. La mise au jour de ce dispositif montre une organisation structurée et des flux financiers non contrôlés, mais elle ouvre aussi une fenêtre pour refondre les mécanismes de distribution.

Les premiers éléments identifiés par les enquêteurs font état de 573 ménages affectés à Keur Massar et 562 à Pikine, avec des montants théoriques attribués entre 100 000 et 200 000 FCFA par ménage, dont une part importante n’a jamais atteint les bénéficiaires effectifs.

L’analyse des procédures contestées décrit une mécanique claire : insertion de faux bénéficiaires dans les listes, pressions sur des sinistrés authentiques et circulation d’espèces en dehors de tout contrôle. Des cas concrets illustrent le phénomène : une auxiliaire de maison à Malika, inscrite pour 200 000 FCFA, déclare avoir conservé 25 000 FCFA après un prélèvement de 175 000 FCFA ; deux autres bénéficiaires auraient perçu respectivement 50 000 FCFA et 40 000 FCFA au lieu des 200 000 FCFA attendus. Les enquêteurs ont chiffré des prélèvements organisés au niveau intermédiaire : certains superviseurs auraient collecté entre 1 250 000 et 1 950 000 FCFA auprès de groupes de ménages, avant de reverser la majeure partie à la coordination centrale, tout en conservant des commissions personnelles estimées entre 250 000 et 550 000 FCFA. L’architecture financière parallèle mise en évidence explique comment un dispositif d’urgence humanitaire a été détourné.

Ces constats fournissent des points d’appui factuels pour renforcer la transparence administrative. La présence de bénéficiaires fictifs et la prépondérance du numéraire pointent directement vers des mesures ciblées : systématisation de paiements électroniques, vérification biométrique des bénéficiaires, traçabilité des flux et audit indépendant des listes de distribution. Les chiffres recueillis par la DSC permettent d’identifier zones, montants et acteurs impliqués, constituant une base solide pour des contrôles plus rigoureux et pour la mise en place de tableaux de bord publics sur l’affectation des fonds.

L’argument central repose sur la réalité des failles révélées. La documentation de prélèvements successifs et d’abus de fonction établit des éléments concrets que l’administration peut corriger : numériser les versements réduira les manipulations d’espèces, publier des listes contrôlables par la société civile limitera l’insertion de faux bénéficiaires, et renforcer les sanctions encouragera la responsabilisation des acteurs. Les enquêtes en cours, susceptibles de s’étendre à d’autres zones touchées, offrent l’occasion de tester ces dispositifs à large échelle.

Des informations complémentaires renforcent le diagnostic : le préjudice financier est encore en cours d’évaluation et jugé potentiellement considérable, et plusieurs autres interpellations ne sont pas exclues. La mise en lumière de pratiques de chaîne et de commissions internes fournit des éléments palpables pour des procédures judiciaires et administratives ciblées, tout en fixant des priorités opérationnelles pour la refonte des circuits d’aide.

La révélation de ce réseau constitue une alerte sévère mais aussi une opportunité concrète pour restaurer la confiance citoyenne. En s’appuyant sur les constats chiffrés et sur les témoignages déjà recueillis, l’État et les partenaires disposent d’un point de départ factuel pour renforcer la traçabilité, élargir les audits indépendants et assurer une communication transparente sur l’utilisation des fonds. Ce chemin passe par des actions mesurables et vérifiables qui, appliquées rapidement, peuvent transformer cette crise de confiance en un levier de modernisation de la gestion des aides d’urgence.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Sidy Camara.
Mis en ligne : 07/07/2026

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