Dettes chinoises en Afrique : La Guinée rejette la thèse du piège - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Emmanuel | Publié le 07/07/2026 05:07:00

Dettes chinoises en Afrique : La Guinée rejette la thèse du piège

Le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah a rejeté jeudi à Dalian, en Chine, les accusations selon lesquelles la coopération financière avec la Chine relèverait d’un « piège de la dette ».

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : Il s’exprimait en marge de la 17e réunion annuelle des « Nouveaux champions » du Forum économique mondial, qui s’est tenue dans cette ville du nord-est chinois. Bah a attribué les difficultés à des défaillances internes de gouvernance et à un manque de responsabilité nationale.

Cette prise de position intervient alors que le débat international porte sur la montée de l’endettement public et sur la transparence des contrats de prêt, en particulier pour des projets d’infrastructures financés à l’étranger.

La réponse du chef du gouvernement guinéen met l’accent sur la responsabilité des États, en insistant sur la nécessité pour les gouvernements africains d’exercer discernement et volonté politique. En citant les faiblesses de gouvernance et en avertissant contre l’illusion d’un développement livré clé en main, Bah recentre le débat sur les autorités nationales plutôt que sur les créanciers externes. Cette rhétorique évite d’aborder en détail des questions documentaires: les montants exacts, les échéances et les clauses des contrats de prêt n’ont pas été explicités lors de son intervention.

Des observateurs et des analyses internationales relèvent l’existence d’un déficit de transparence dans plusieurs accords de financement transfrontaliers. Des projets d’infrastructures à haute intensité de capital, comme le chemin de fer à écartement standard au Kenya, ont déjà suscité des interrogations publiques sur leur viabilité financière et sur les conditions de prêt. À l’échelle mondiale, le cas du port de Hambantota au Sri Lanka reste souvent cité: la concession opérée pour 99 ans après une crise de paiement illustre les craintes associées aux accords à long terme. La Zambie, qui a enregistré un défaut partiel sur ses obligations en 2020, a dû engager des négociations complexes avec différents créanciers, ce qui montre la difficulté des restructurations impliquant des prêteurs bilatéraux et commerciaux.

Plusieurs éléments factuels méritent d’être rappelés pour comprendre la situation guinéenne. Les institutions financières et certaines ONG ont documenté que l’absence de publication systématique des contrats empêche les parlements et les citoyens d’exercer un contrôle effectif. Les modalités de collatéralisation, les clauses de confidentialité et les calendriers de remboursement restent parfois non divulgués, ce qui complique l’évaluation des risques souverains. Quand un gouvernement rejette l’explication des problèmes exclusivement sur des « défaillances internes », la question de l’accès public à l’information sur la dette demeure en suspens.

Sur le plan politique, la focalisation sur la gouvernance nationale peut réduire la pression pour obtenir des éclaircissements sur les pratiques de prêt. Dans certains pays, des démarches de transparence ont abouti à la publication partielle de contrats ou à des audits indépendants; ailleurs, les négociations sont restées opaques, alimentant l’inquiétude des citoyens. Comparer la posture guinéenne à des États qui ont rendu publics leurs accords montre une divergence d’approches dans la gestion du risque d’endettement.

La déclaration d’Amadou Oury Bah reflète une stratégie de communication qui privilégie la responsabilité domestique et qui minimise la discussion publique sur les conditions contractuelles et les risques liés aux prêts externes. Les faits rassemblés indiquent que, sans divulgation complète des engagements et sans mécanismes de reddition de comptes renforcés, les populations restent sans explication claire sur l’origine, le coût et la soutenabilité des dettes contractées par l’État. Cette réalité soulève des questions concrètes sur la gouvernance financière et sur la capacité des institutions à protéger l’intérêt public.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Idriss K.
Mis en ligne : 07/07/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top