Lundi 15 juin 2026, dans la localité de Kimya, au cœur du Mali, des avions militaires ont largué trois bombes sur un marché aux bétails et ses environs, tuant sept civils, dont des femmes et des enfants.
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Suite de l’article : Pourtant, ce même jour, l’armée malienne revendiquait avoir « neutralisé des terroristes » dans la zone. Je ne peux que m’indigner face à cette contradiction glaçante. Ces frappes, qualifiées de bavures par les habitants, illustrent une fois de plus l’inacceptables défaillances des forces de sécurité maliennes, qui, sous couvert de lutte antiterroriste, sacrifient des vies innocentes.
Le centre du Mali, et particulièrement la région de Douentza, est depuis des années un foyer de tensions entre groupes jihadistes, forces armées et populations civiles. Depuis 2024, la situation s’est encore dégradée, comme le confirment les rapports de Human Rights Watch et d’Amnesty International : les forces maliennes, souvent soutenues par des mercenaires russes, ont été accusées d’avoir tué au moins 32 civils, brûlé plus de 100 maisons et mené des opérations abusives dans des villages comme Allaye-Kokolo. Le retrait de la MINUSMA (Mission de l’ONU au Mali) fin 2023 a laissé un vide sécuritaire, mais aussi un vide éthique. Sans surveillance indépendante, les exactions passent trop souvent sous silence.
Les témoignages recueillis par RFI sont accablants : entre 9h et 10h, trois bombes ont été larguées sur Kimya et ses alentours. La première a frappé près du domicile d’un patriarche, tuant une femme et deux enfants. Les deux autres ont visé des civils en fuite, faisant quatre morts supplémentaires, dont trois enfants. Comment expliquer que des bombes tombent sur un marché, un lieu par définition civil ? L’armée malienne affirme avoir ciblé des terroristes et détruit des motos et tricycles. Mais où sont les preuves de la présence de jihadistes au moment des frappes ? Où est la distinction élémentaire entre combattants et civils, principe fondamental du droit international humanitaire ?
Les erreurs ne sont pas des accidents : elles révèlent un manque criant de discipline, de renseignement précis et de respect des règles d’engagement. Quand une armée ne maîtrise pas ses cibles, elle devient elle-même un acteur de la terreur.
Premièrement, chaque vie civile perdue alimente le cycle de la violence. Les populations, déjà traumatisées par les exactions des groupes jihadistes, voient leur confiance en l’État s’effondrer. À Kimya, la désolation est totale : des familles entières sont brisées, des enfants ne rentreront jamais à l’école. Comment peut-on prétendre lutter contre le terrorisme en créant de nouvelles victimes ?
Deuxièmement, ces agissements sapent la légitimité même de l’État malien. Quand une armée tue ses propres citoyens sans transparence ni reddition de comptes, elle se place au même niveau que les groupes armés qu’elle prétend combattre. Les rapports de Human Rights Watch soulignent que depuis mai 2024, les forces maliennes et leurs alliés russes ont intentionnellement ou par négligence tué des civils et détruit des villages entiers. Où est la différence avec les méthodes des terroristes ?
Enfin, l’absence de mécanisme indépendant de vérification permet à l’impunité de régner. Sans enquête crédible, sans sanctions contre les responsables, ces bavures risquent de se répéter. Je refuse de croire que la sécurité doive passer par le sacrifice de l’humanité.
Cette tragédie rappelle les erreurs commises par d’autres armées dans des contextes similaires. En Afghanistan, les frappes aériennes de la coalition internationale ont souvent causé des pertes civiles massives, alimentant la colère contre les forces étrangères. Au Sahel, les opérations antiterroristes menées par des armés locales ou des partenaires internationaux (comme la France avec Barkhane) ont parfois confondu cibles légitimes et populations innocentes, avec des conséquences désastreuses pour la stabilité régionale.
Pourtant, des leçons peuvent être tirées : des protocoles stricts de vérification des cibles, une coopération avec les communautés locales pour éviter les erreurs, et une transparence totale en cas d’incident. Pourquoi le Mali ne s’inspire-t-il pas de ces bonnes pratiques ?
Les bavures de Kimya ne sont pas un incident isolé, mais le symptôme d’un système déséquilibré, où la lutte contre le terrorisme justifie tous les moyens, y compris les plus condamnables. Je ne peux accepter que des enfants paient le prix de l’échec des forces armées à distinguer l’ennemi du civil.
Il est temps que l’armée malienne renforce sa discipline, collabore avec des observateurs indépendants et respecte strictement le droit international. Sans cela, chaque opération militaire ne fera qu’approfondir la méfiance, alimenter les tensions et saper les efforts de paix. La sécurité ne peut être construite sur des ruines humaines. Le Mali mérite mieux que cela. Nous méritons mieux que cela.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 22/06/2026
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