Le collectif des ex-travailleurs des bases militaires françaises au Sénégal a interpellé mardi les autorités sénégalaises sur les conséquences sociales du retrait des installations militaires françaises, un an après cette décision stratégique.
Suite de l’article : Le président du collectif, Mathieu Sagna, a exposé la situation des anciens employés et le député Pape Djibril Fall a demandé au président de la République d’apporter une solution rapide aux familles affectées. J’observe que ces constats établissent un point de départ factuel pour mesurer l’ampleur des dégâts sociaux.
Selon le collectif, la fermeture des bases a privé de revenu de nombreux salariés locaux, provoqué la perte de la couverture médicale et généré des difficultés pour assurer la scolarité des enfants, le paiement des loyers et le remboursement des crédits contractés pendant une période d’emploi stable.
L’absence d’un plan d’accompagnement explicite transforme une décision stratégique en choc social durable. Je constate que la coupe brutale des salaires a coupé l’accès aux services liés à l’emploi, tels que la mutuelle et les facilités de paiement, et que l’extinction de ces mécanismes de protection accroît immédiatement la vulnérabilité des ménages. La disparition d’un salaire stable rend chaque foyer plus sensible aux aléas financiers et expose les emprunts passés à la défaillance. Les banques, qui avaient accordé des crédits en se basant sur des fiches de paie régulières, exercent désormais des pressions pour obtenir des remboursements, ce qui alimente les retards de paiement et les risques d’expulsion.
Le collectif signale des loyers impayés et des menaces d’expulsion pour plusieurs familles, ce qui illustre la vitesse avec laquelle la perte d’emploi peut devenir perte de logement. J’observe aussi que l’interruption de la couverture médicale oblige les anciens salariés à mobiliser l’épargne familiale ou à contracter des dettes pour des soins de santé qui autrefois étaient pris en charge, aggravant ainsi l’indebtement des ménages. Les enfants dont la scolarité n’est plus assurée représentent un risque de sortie précoce du système éducatif et de reproduction de la précarité à la génération suivante.
Les revendications du collectif portent sur la reconnaissance du travail accompli, le respect des droits et l’ouverture d’un cadre de concertation réunissant l’État et les parties concernées, ainsi que sur des mesures concrètes de reconversion. Ces demandes sont factuelles et ciblées: elles visent à restaurer des droits sociaux et à créer des dispositifs de transition qui font défaut aujourd’hui. L’absence de tels dispositifs signifie que la charge de l’adaptation repose entièrement sur des ménages sans filet, amplifiant l’endettement et multipliant les risques d’exclusion sociale.
Pour préciser le mécanisme en jeu, je décris trois effets vérifiables: la perte de revenus directs, la rupture d’avantages liés à l’emploi et la cristallisation des dettes contractées sous de meilleures conditions financières. Ces trois forces conjuguées produisent une cascade qui va du déficit de trésorerie quotidien à la perte du logement et à l’isolement social des familles concernées. Le soutien politique exprimé par le député Pape Djibril Fall montre que la question a une portée nationale et que des réponses institutionnelles peuvent être recherchées.
Les éléments rassemblés par le collectif décrivent une situation où l’absence de concertation et d’accompagnement transforme une décision stratégique en crise sociale tangible, avec des conséquences mesurables sur la santé, l’éducation et l’habitat des anciens travailleurs.
Je conclus en rappelant les faits saillants: retrait des bases il y a un an, pertes d’emploi, coupure des protections sociales, pressions bancaires et risques d’expulsion pour des familles. Les demandes du collectif restent factuelles et centrées sur des dispositifs de transition et de réparation des droits. Ces constats documentés montrent que l’inaction administrative face à la désaffectation des bases contribue directement à l’aggravation de la précarité et à l’enlisement d’un grand nombre de foyers.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Omar Dramé.
Mis en ligne : 12/07/2026
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