L’affaire Boy Djinné, ce détenu du Camp Pénal de Liberté 6 trouvé en possession de téléphones et de contenus choquants, m’a profondément interpellé.
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Suite de l’article : Au-delà du cas individuel, c’est l’incurie généralisée de notre système pénitentiaire qui m’indigne. Comment des objets interdits circulent-ils encore en détention, malgré les règles et les annonces gouvernementales ?
En 2025, le ministre des Finances, Cheikh Diba, promettait l’acquisition de scanners corporels, portiques de détection et brouilleurs de téléphones pour moderniser les prisons. Pourtant, en 2026, rien n’a changé : les fouilles humiliantes persistent, et les téléphones entrent toujours. Pire, la Rapporteuse spéciale de l’ONU, Alice Jill Edwards, a qualifié nos prisons de « poudrière », soulignant leur surpopulation dramatique et inhumaine. Un constat accablant, mais qui semble laisser nos autorités indifférentes.
L’affaire Boy Djinné révèle une double faille. D’abord, la porosité des contrôles : deux téléphones (Samsung et Tecno) et une carte mémoire ont été saisis dans sa cellule. Ensuite, l’impunité des complicités : le détenu lui-même évoque des agents pénitentiaires corrompus, permettant l’introduction d’objets contre de l’argent. Des allégations graves, mais sans preuves judiciaires… comme si le système se protégeait lui-même.
Pire, les contenus pornographiques découverts sur ses appareils montrent que ces téléphones ne servent pas seulement à communiquer, mais aussi à organiser des activités illégales en détention. Pourtant, les échanges WhatsApp ou les dépôts d’argent via Wave (10 000 FCFA) n’ont pas encore donné lieu à des poursuites. Où est la fermeté ?
En France, 79 526 téléphones ont été saisis en 2024 dans les prisons, preuve que le problème est universel. Mais là-bas, des brouilleurs et des scanners sont déployés. Chez nous, on se contente de promesses et de fouilles dégradantes. La différence ? Une volonté politique.
Au Sénégal, les projets de l’AFD ou les appels de l’ONU pour réformer les prisons restent lettre morte. Pourtant, les solutions existent : formation des gardes, contrôles aléatoires stricts, sanctions exemplaires. Mais à quand des actes ?
Je ne peux plus accepter que des détenus comme Boy Djinné se jouent des règles tandis que le système les y aide, par négligence ou corruption. La sécurité pénitentiaire est un piliers de la justice. Si nous ne résolvons pas cette crise, qui sera le prochain à en payer le prix ?
La question n’est plus si un détenu a un téléphone, mais combien en ont encore. Et surtout : quand le gouvernement passera-t-il des mots aux actes ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 14/07/2026
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