Je ne peux rester indifférent face à la décision de la Fédération Sénégalaise de Lutte (FSL) de suspendre Reug Reug pour six mois et de l’amender à un million de FCFA après la diffusion de vidéos montrant la noyade de deux chatons lors d’un rituel mystique.
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Suite de l’article : Si la sanction est un premier pas, elle me semble insuffisante au regard de la gravité des actes. La lutte sénégalaise, sport emblématique et porteur de valeurs, ne peut se permettre de tolérer de telles pratiques au nom de la tradition.
La lutte sénégalaise est bien plus qu’un sport : c’est un pilier culturel, un spectacle qui rassemble des millions de fans, et un symbole de force et de respect. Pourtant, depuis des décennies, certains lutteurs ont recours à des bains mystiques pour s’attirer la faveur des esprits. Ces rituels, souvent ancrés dans des croyances ancestrales, sont généralement acceptés comme faisant partie du folklore. Mais il y a une ligne rouge à ne pas franchir : la cruauté animale. Les chatons, animaux domestiques protégés par la loi sénégalaise et les conventions internationales, ne devraient jamais être les victimes de superstitions dépassées.
Les faits sont accablants : Reug Reug a noyé deux chatons vivants avant de les jeter au sol, sous prétexte de préparation mystique. La FSL a réagi en le suspendant pour six mois (dont trois ferme) et en lui infligeant une amende de 10 % de son reliquat. Le lutteur a reconnu les faits et présenté des excuses. Pourtant, je ne peux m’empêcher de me demander : est-ce suffisant ?
La gravité de l’acte dépasse largement le cadre sportif. Il s’agit d’un manquement éthique fondamental, qui porte atteinte à l’image de la lutte, mais aussi à celle du Sénégal, pays signataire de la Convention de Washington (CITES) et doté d’un code de l’environnement strict. La Direction des Parcs Nationaux (DPN) et la Brigade de l’Environnement ont d’ailleurs réagi avec fermeté, exigeant des sanctions exemplaires et l’interdiction définitive des animaux dans les arènes.
Premièrement, la cruauté animale ne peut être justifiée par aucune tradition. Aucune croyance, aussi ancrée soit-elle, ne devrait autoriser la souffrance d’êtres vivants. Les chatons ne sont pas des objets de mise en scène, mais des êtres sensibles, protégés par la loi. Deuxièmement, les sportifs sont des modèles. Reug Reug, star adulée, a une responsabilité envers ses fans, notamment les jeunes, qui voient en lui un exemple à suivre. En tolérant de tels actes, on normalise la violence et le mépris de la vie.
Troisièmement, les comparaisons internationales sont édifiantes. En 2022, le footballeur Kurt Zouma a été condamné à 180 heures de travaux d’intérêt général au Royaume-Uni pour avoir frappé son chat. Au Sénégal, où les lois sur la protection animale sont tout aussi strictes, une suspension de six mois et une amende financière semblent déséquilibrées par rapport à la gravité des faits. Enfin, l’image du sport est en jeu. La lutte sénégalaise est suivie bien au-delà des frontières. Si elle veut rester crédible et respectée, elle doit rompre définitivement avec ces pratiques.
Dans le football, la boxe ou le rugby, les fédérations n’hésitent pas à sanctionner lourdement les comportements violents ou contraires à l’éthique. En Angleterre, les clubs condamnent publiquement leurs joueurs impliqués dans des affaires de maltraitance animale, comme ce fut le cas pour Kurt Zouma. En France, les sanctions peuvent aller jusqu’à des interdictions de stade ou des radiations. Pourquoi la lutte sénégalaise ferait-elle exception ?
Je salue la réaction de la FSL, mais je regrette que la sanction ne soit pas à la hauteur de l’acte. La lutte sénégalaise mérite mieux que des rituels barbares. Pour préserver son intégrité et son héritage, elle doit envoyer un signal clair : zéro tolérance pour la cruauté animale, quelles que soient les circonstances. Les traditions évoluent, et celle-ci doit le faire dans le respect de la vie et de la dignité. Sinon, c’est toute la crédibilité de ce sport qui sera remise en question. Et ça, personne ne le veut.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 14/06/2026
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