Gianni Infantino a déclaré mercredi à Mexico, au stade Azteca, que « sans l’engagement et l’implication » de Donald Trump il aurait été « impossible d’organiser une Coupe du monde aux États-Unis ».
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Suite de l’article : La prise de parole a eu lieu à la veille de l’ouverture du Mondial-2026, co-organisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada. Infantino avait remis en décembre 2025 un Prix FIFA de la paix créé pour l’occasion.
Le dirigeant italo-suisse a rencontré Donald Trump pendant son premier mandat, s’est affiché à son investiture en janvier 2025 et l’a reçu à la Maison Blanche, des faits publics qui tracent une proximité répétée entre les deux hommes.
La flatterie institutionnelle, quand elle prend la forme d’un prix sur mesure et de déclarations publiques, soulève des interrogations concrètes sur l’indépendance de la FIFA et sur la transparence du tournoi. Infantino a expliqué : « J’ai fait sa connaissance au cours de son premier mandat et nous travaillons désormais en étroite collaboration », phrase qui illustre la relation étroite entre le président de la FIFA et le chef de l’État américain. Le geste de remettre un nouveau trophée à un chef d’État qui aide logistique et diplomatiquement l’organisation d’un événement mondial ressemble à un costume taillé pour l’occasion, et cette image fait craindre un mélange des sphères symbolique et opérationnelle.
Sur le plan factuel, l’organisation d’un Mondial mobilise des dispositifs étatiques: sécurité, visas, infrastructures et coordination diplomatique entre fédérations. Les États-Unis, hôte principal, ont apporté un appui politique et administratif important pour accueillir 48 équipes et des matches répartis sur trois pays. Quand le responsable suprême du football mondial félicite ouvertement le président du pays qui facilite ces conditions, la perception d’un conflit d’intérêt devient plausible, même sans preuve d’accord formel. La présence publique de Marco Rubio dans la tribune d’honneur à côté d’Infantino, alors que Donald Trump a indiqué vouloir assister à quelques rencontres sans être présent au premier match américain, ajoute une touche protocolaire révélatrice des liens entre administration et organisation sportive.
La FIFA n’est pas étrangère aux débats sur la gouvernance: des scandales passés ont fragilisé sa réputation et placé la transparence au centre des attentes des supporters et des autorités. Ici, deux éléments factuels s’imposent: un prix forgé pour un destinataire précis et des relations institutionnelles répétées entre le dirigeant de la fédération et le président d’un pays organisateur. Ces éléments, pris ensemble, alimentent des craintes de capture institutionnelle. Comparer la scène à un arbitre qui applaudirait le propriétaire d’un club ou à un couturier qui confectionne un costume pour son client préféré illustre le problème de perception sans accuser juridiquement.
Des éléments chiffrés renforcent le contexte: 48 nations, cent soixante-douze matchs prévus, et des millions de spectateurs attendus entre juin et juillet 2026. L’ampleur financière et médiatique du tournoi multiplie les enjeux et rend la question d’indépendance plus sensible qu’un simple geste protocolaire.
La FIFA et les états hôtes disposent de moyens pour clarifier ces zones d’ombre par des procédures publiques et des règles de transparence. À défaut, le portrait lisse brossé par Infantino risque de laisser sur le terrain l’impression d’un tournoi dont une part de la mise est négociée hors des projecteurs, un peu comme une tenue brillante mais cousue dans l’atelier du pouvoir.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : François T.
Mis en ligne : 15/06/2026
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