Clotilde Coly ciblée pour sa coupe : Le sexisme se banalise - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - People | Par Maimouna | Publié le 21/06/2026 12:06:45

Clotilde Coly ciblée pour sa coupe : Le sexisme se banalise

Djirèye Clotilde Coly, nommée ministre de la Jeunesse et des Sports du Sénégal, fait face depuis sa prise de fonctions à une vague d’attaques sexistes et de moqueries sur les réseaux sociaux.

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Suite de l’article : Ces critiques, concentrées sur son apparence et son style vestimentaire, ont entraîné une sanction disciplinaire contre un étudiant en journalisme du CESTI à Dakar; l’étudiant a présenté des excuses publiques. Le 18 juin, Aminata Touré a exprimé son soutien à la nouvelle ministre alors qu’elle se trouvait aux États-Unis pour la Coupe du monde 2026.

La polémique porte en premier lieu sur une coiffure rasée et sur des commentaires jugeant son allure éloignée de prétendus « standards » esthétiques. Les attaques ont ciblé de manière répétée ses cheveux entièrement rasés et les coupes de ses vêtements, qualifiées par certains internautes d’inappropriées pour un membre du gouvernement.

Le geste disciplinaire à l’encontre de l’étudiant du CESTI est un fait concret: l’école a pris une mesure à la suite d’un comportement publicement déplacé. L’auteur des propos s’est excusé, et ces éléments ont été rendus publics. Sur la scène politique, Aminata Touré a dénoncé les attaques en les qualifiant de « misogynes et moyenâgeuses » et elle a salué la sérénité affichée par la ministre.

L’analyse du dossier montre toutefois que la sanction ciblée reste limitée. Un étudiant sanctionné pour un propos injurieux ne traite pas la force d’un phénomène diffus: les insultes et le harcèlement accusent une multiplication sur les plateformes numériques, et la réponse d’une seule institution académique ne neutralise pas cette dynamique. Ici, la réaction ressemble à une réparation ponctuelle, adressée à un acte individuel, plutôt qu’à une stratégie éducative et préventive à l’échelle des formations au journalisme.

Sur le plan institutionnel, le fait est révélateur: le CESTI est une école reconnue de formation aux métiers des médias, chargée d’enseigner l’éthique professionnelle et les règles déontologiques. L’existence d’un incident public impliquant un étudiant met en lumière un déficit dans la transmission ou l’application de ces principes. Les écoles de journalisme ont la responsabilité de préparer des professionnels capables de résister aux biais sexistes et aux pratiques humiliantes, et un seul acte punitif ponctuel n’atteste pas d’une politique systématique de prévention.

Deux comparaisons aident à mesurer l’écart: dans des rédactions dotées de codes internes et de formations régulières, les débordements individuels sont souvent traités par des procédures disciplinaires combinées à des modules de sensibilisation; ici, l’action limitée à une sanction disciplinaire montre un contraste avec ces pratiques plus complètes. Par ailleurs, comparer la visibilité d’une attaque en ligne à l’effet d’une sanction académique rappelle que la portée médiatique d’un harcèlement dépasse largement la sphère d’un étudiant isolé.

Des éléments factuels renforcent cette lecture: la ministre ciblée se trouve à l’étranger au moment des critiques, le grief principal porte sur son apparence et non sur ses compétences, et une personnalité politique a publiquement soutenu la ministre. Ces constats illustrent que le problème est autant culturel que pédagogique.

La démonstration factuelle aboutit à une conséquence simple et mesurable: remplacer une politique de formation continue par des mesures ponctuelles expose les institutions au risque de répétition des mêmes comportements. Si l’on retient seulement la sanction prononcée contre un étudiant, on perd de vue la nécessité d’enseigner la déontologie, d’intégrer la prévention du sexisme dans les cursus et de fixer des procédures claires face au harcèlement numérique.

La séquence Coly révèle ainsi des faits lourds et convergents: attaques personnelles visibles en ligne, sanction individuelle limitée, soutien public d’acteurs politiques. Ensemble, ces éléments documentés suggèrent que la sanction symbolique ne suffit pas et laisse intacte la question de l’efficacité des institutions éducatives à former des journalistes responsables et à prévenir les comportements misogynes.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Yacine Diop.
Mis en ligne : 21/06/2026

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