Le lendemain de la qualification de l’équipe de France contre le Paraguay (1-0), dimanche, la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla a publié sur le réseau X des propos racistes visant le capitaine Kylian Mbappé et a écrit qu’elle regrettait qu’il n’ait pas été frappé.
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Suite de l’article : Les messages visaient également le gardien Orlando Gill, pris en référence au refus de Mbappé de lui serrer la main. Un des tweets citait : « Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco. »
La publication est intervenue après un match tendu, déjà marqué par des accusations d’insultes et par des propos controversés d’autres personnalités paraguayennes, dont l’ancien gardien José Luis Chilavert.
Le geste, émis publiquement par une élue du Sénat, révèle un mécanisme dangereux : la parole discriminante perd sa stigmatisation lorsqu’elle émane d’un responsable institutionnel. Lorsqu’un membre d’une assemblée législative formule des attaques raciales à l’encontre d’un sportif international, le message circule comme licence tacite pour des commentaires similaires sur les plateformes publiques. Dans ce cas précis, les posts ont été largement relayés et commentés, ce qui multiplie l’exposition des insultes et leur banalisation virtuelle.
L’absence, dans les heures qui ont suivi la diffusion, d’annonce publique de sanction administrative ou politique contribue au même phénomène. L’exemple de José Luis Chilavert, qui avait lui aussi proféré des propos visant l’équipe de France, montre une répétition de comportements agressifs venant de figures publiques paraguayennes. Cette répétition renforce l’idée que des propos racistes peuvent rester sans conséquence institutionnelle immédiate. Pour les victimes désignées, en l’occurrence des sportifs et leurs proches, l’effet est concret : une mise en danger symbolique et un renforcement des stéréotypes raciaux.
Plusieurs éléments factuels éclairent le risque pour l’espace public : la sénatrice occupe une fonction élective nationale et ses messages restent accessibles à un large public ; le réseau X amplifie la rapidité de diffusion ; les tweets contiennent des comparaisons animalisantes et des injures qui, selon des critères juridiques usuels, constituent des propos discriminatoires. La conjonction de ces faits nourrit une culture de l’impunité si elle n’est pas arrêtée par des mesures visibles.
Les faits documentés montrent aussi des voies possibles pour limiter ces effets. Plusieurs assemblées disposent de règles disciplinaires et de comités d’éthique qui peuvent traiter des propos publics tenus par leurs membres. À défaut d’une sanction rapide et publique, la mémoire collective retient l’absence de réponse, ce qui affaiblit les normes républicaines contre la haine. La comparaison avec d’autres polémiques publiques où des autorités ont été suspendues illustre que des réponses institutionnelles existent et ont un impact dissuasif.
En rassemblant les éléments cités, l’affaire soulève une question de santé démocratique : la coexistence d’une parole haineuse tenue par une sénatrice et d’une réponse institutionnelle inexistante ou tardive crée un précédent. Les faits montrent une normalisation possible des insultes racistes quand elles ne rencontrent pas de sanction visible, et ils mettent en lumière le risque social associé à cette absence de réaction. Le dossier invite à mesurer, sur la base des faits, les conséquences concrètes de la parole publique sur la dignité des personnes ciblées et sur la crédibilité des institutions chargées de défendre l’ordre républicain.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Maimouna N.
Mis en ligne : 23/07/2025
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