Convention non appliquée : Les paysans menacent d'aller plus loin - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Emmanuel | Publié le 24/07/2026 02:07:30

Convention non appliquée : Les paysans menacent d'aller plus loin

Les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal, surtout ceux de la filière riz, ont tenu un rassemblement public pour dénoncer la mévente et demander des mesures urgentes.

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Suite de l’article : Ousseynou Ndiaye, président d’honneur du Comité interprofessionnel de la riziculture (CIRIZ), a rappelé les chiffres de production pour 2025, l’hivernage 2025-2026 et la convention signée avec le ministre le 12 novembre 2025. Il a critiqué la gestion de la commercialisation.

Les organisateurs estiment la production totale à 448 000 tonnes de riz blanc pour la période citée, pour une valeur évaluée à 156,891 milliards de francs CFA, et ils évaluent les importations à environ 300 milliards de francs CFA.

Les données chiffrées fournies par le CIRIZ détaillent les récoltes : en 2025, 303 000 tonnes de paddy, soit 187 000 tonnes de riz blanc avec un rendement moyen de 6,7 tonnes à l’hectare ; lors de l’hivernage 2025-2026, 142 000 tonnes de paddy, soit 85 000 tonnes de riz blanc ; et pour la contre-saison en cours, une prévision de 284 000 tonnes de paddy, soit 176 000 tonnes de riz blanc. Ces volumes représentent, selon les acteurs, une valeur commerciale conséquente face à des débouchés insuffisants.

Les producteurs signalent aussi un stock important de riz importé : six cents mille tonnes recensées lors d’un point antérieur, l’équivalent de six mois de consommation, et aujourd’hui ce stock est estimé à huit ou neuf mois, d’après leurs calculs. La coexistence d’une production locale élevée et d’importations massives creuse l’écart entre offre et débouchés commerciaux, ce que les acteurs imputent à des blocages dans la chaîne d’écoulement.

Sur le plan institutionnel, il existe plusieurs éléments factuels à considérer. Le 12 novembre 2025, une convention de commercialisation a été signée avec le ministère du Commerce ; le Premier ministre a ensuite demandé au ministre chargé du Commerce de prendre des mesures ; malgré cela, les producteurs affirment que les engagements n’ont pas été appliqués. Ousseynou Ndiaye a rappelé une gestion antérieure sous le régime de Macky Sall où, selon lui, des mesures ministérielles avaient permis de débloquer la commercialisation.

Lors du rassemblement, Ndiaye a lancé deux accusations directes ciblant la personne du ministre du Commerce : « Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Notre principal problème se résume à l’incompétence du ministre du Commerce, Sérigne Guèye Diop. » Il a ajouté : « C’est pourquoi nous demandons le départ de Sérigne Guèye Diop. » Ces mots cristallisent la colère des manifestants mais soulignent aussi une focalisation sur un responsable individuel.

Plusieurs causes structurelles invoquées par les acteurs expliquent cependant la situation de mévente : concurrence des riz importés, niveaux de stocks importés élevés, insuffisance des circuits de commercialisation vers les marchés urbains, capacités de stockage limitées dans les rizeries, difficultés d’accès au crédit pour les exploitations familiales et pression sur la trésorerie des prestataires et des agro-industriels. La valeur estimée de la production locale (156,891 milliards de francs CFA) est inférieure au montant lié aux importations (environ 300 milliards), ce qui illustre l’asymétrie des flux commerciaux entre offre locale et marché national.

La juxtaposition des chiffres met en lumière un diagnostic complexe : la campagne 2025 a produit plus que par le passé, mais la réponse commerciale reste fragile, et les mesures prévues dans les accords de novembre 2025 n’ont pas permis de réduire les stocks importés. En comparant six mois de stocks déclarés antérieurement et les huit à neuf mois actuels, on perçoit l’aggravation du déséquilibre entre production nationale et consommation couverte par les importations.

Les conséquences factuelles évoquées par les producteurs sont concrètes : menaces sur les exploitations familiales, risques pour la pérennité des prestataires de services et difficultés de remboursement des crédits bancaires. Les demandes portent sur la mise en œuvre effective des mesures de commercialisation signées, la facilitation de l’écoulement des stocks et la mobilisation d’un cadre de concertation plus large impliquant l’État, les acteurs privés et les banques, afin d’aborder les causes structurelles au-delà de l’imputation d’une responsabilité individuelle.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Souleymane S.
Mis en ligne : 24/07/2025

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